Mars-Avril 2013, vol. 22, no 2

Éditorial
Mot du secrétaire général
Survol de l'Avis
Brèves
Agenda

 

ÉDITION SPÉCIALE SUR L’AVIS
Pour le renouvellement de la politique nationale de la ruralité

L’échéance imminente de la seconde mouture de la Politique nationale de la ruralité a motivé Solidarité rurale du Québec à réaliser une vaste consultation pour façonner une nouvelle phase de développement rural. L’aboutissement de cette grande tournée du Québec est le dépôt d’un avis au gouvernement. Dans ce numéro spécial, nous vous présentons les principales idées qui ressortent de l’Avis de Solidarité rurale du Québec sur la prochaine phase de développement de la ruralité québécoise. 
 

EDITORIAL

Nouveaux paradigmes!

par Claire Bolduc
presidente@solidarite-rurale.qc.ca

Paradigme : n.m. Représentation du monde, manière de voir les choses, modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie, sur un système de valeurs partagées.

Bellechasse. Quatre villages magnifiques au pied des Appalaches : Saint-Léon-de-Standon, Saint-Philémon, Saint-Nazaire-de-Dorchester et Notre-Dame-Auxiliatrice de Buckland. Quatre municipalités rurales fragiles qui ont choisi d’unir leur force pour améliorer leur situation et se donner un avenir. C’est la Contrée des Montagnes dans Bellechasse . Plus qu’un projet, c'est un nouveau mode de vie et de fonctionnement que ces villages sont en voie d'instaurer, pour chacun d’eux et pour les quatre, ensemble! On parle ici d’entraide, de dialogue, de partage et de complémentarité.

Abitibi. Le 16e colloque annuel en développement rural s’est déroulé sous le thème de l’Harmonisation des clochers. Le but est clair, harmoniser les relations entre les diverses communautés faisant partie intégrante du territoire de la MRC d’Abitibi.

Et les exemples se multiplient! Ces villages qui, hier encore, se battaient bec et ongles pour attirer à eux la prospérité avant que d’autres ne le fassent et les en privent, ces villages aujourd’hui travaillent de concert pour partager cette même prospérité. Il y a là un changement profond dans les façons d’aborder les relations intercommunales et le développement. Parce qu’ils ont des idées, ils ont des rêves, ces villages, et plutôt que de s’enfermer chacun dans leur rêve, ils apprennent à les partager et à les faire grandir ensemble.

Ce cheminement, il ne s’est pas fait instantanément, il ne s’est pas fait tout seul! On peut difficilement partager quand on n’a pas confiance en soi, que l’on n’est pas fier de ce que l’on est. Voilà ce que 22 ans de bataille, de militantisme pour les ruraux a fait émerger. Voilà ce que 12 ans de Politique nationale de la ruralité a fait grandir! Confiance, fierté et aussi une certaine maturité qui s’installe et qui permet maintenant de passer à d’autres paradigmes, plus constructifs.

Et c’est précisément autour de ces nouveaux paradigmes que s’articule l’Avis de Solidarité rurale : « Ensemble, façonnons une nouvelle phase de développement de la ruralité ». Un avis qui s’appuie d’abord sur une vision partagée pour édifier une société durable, et qui se décline en quatre axes : une gouvernance territoriale inclusive, un développement socio-économique multifonctionnel, le passage de services de proximité à la proximité des services et une modulation universelle appuyée par des chantiers sur mesure.

Ces nouveaux paradigmes, ils sont inspirés directement de ce que les ruraux nous ont livré comme témoignage, de ce qu’ils ont exprimé comme besoin, de ce qu’ils ont rêvé pour leur milieu de vie, pendant presque deux ans, à travers la tournée que nous avons effectuée et les forums de discussions que nous avons tenus ou par le biais des mémoires qu’ils nous ont transmis.

Notre avis est donc construit de la sagesse de ces gens qui dessinent aujourd’hui ce que sera la ruralité de demain, dans cette société durable que nous voulons tous.

Mais n’allons pas croire que tout se fera facilement à compter de maintenant. Nos communautés évoluent, mais les structures de gouvernance devront également s’adapter et suivre la cadence. L’appareil de l’État aura à s’ajuster à cette vitalité nouvelle des territoires. Et entre nous, dans nos milieux de vie, il y en aura encore des discussions et des débats. À travers cette évolution, nous devrons sans cesse revenir à cette phrase d’une grande sagesse : « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles. » - (Sénèque)

Donc, il nous appartient d’oser! Oser ces nouveaux paradigmes qui nous portent déjà! Oser le dialogue et la complémentarité. Oser le courage et l’inédit! Oser la remise en question lorsque nécessaire, et oser de ne jamais abandonner les rêves qui nous habitent! Oser les détours, mais rester branchés sur l’essentiel! Oser et oser encore malgré les difficultés.

Parce que c’est de notre avenir dont il est question! Et que cet avenir nous appartient!

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MOT DU SECRETAIRE

Nous sommes toujours en campagne! 

Par Sébastien Lépine
slepine@solidarite-rurale.qc.ca

Je me souviens très bien de cette journée au printemps dernier où, attablés seul à seul avec notre présidente, Claire Bolduc, nous discutions de sa vision de Solidarité rurale du Québec, et des ambitions qu’elle porte pour notre Coalition. Elle complétait alors sa vaste tournée des communautés rurales et était animée d’un puissant désir de pousser plus loin sa réflexion et d’offrir aux ruraux un projet de société durable. C’est à ce moment qu’elle prononça devant moi les mots qui allaient donner le ton à l’Avis sur le renouvellement de la Politique nationale de la ruralité et la prochaine phase du développement rural : Nous sommes toujours en campagne!

Dans la plus récente édition du Petit Robert, on définit d’abord le mot campagne comme une « zone rurale », « une vaste étendue de pays découvert », également comme un « ensemble des lieux fertiles, agricoles, forestiers…, hors des villes ». C’est bien sûr la définition la plus largement répandue et qui représente bien notre réalité.

Les ruraux que nous sommes habitent la campagne québécoise de génération en génération, tout comme les néoruraux y trouvent un milieu de vie où le sentiment d’appartenance est puissant et ils ne laisseront personne les déraciner. Nous avons fondé nos communautés en campagne. Nous avons été, nous sommes, et nous serons toujours en campagne. Au-delà de la volonté, c’est un fait, une réalité qu’aucune autorité ne peut nier.

Bien sûr, le mot campagne est aussi défini dans un contexte civil qui donne une orientation forte à ce slogan. On parle alors d’un « ensemble de travaux civils menés pendant une période déterminée et destinés à se reproduire ». Au sens plus politique, c’est « l’action de communication limitée à une période précise et à un objet précis ». On réfère même à une croisade!

Quand on regarde l’action de Solidarité rurale depuis plus de vingt ans, on peut sans l’ombre d’un doute affirmer qu’elle mène justement une croisade pour le droit des ruraux à la différence! Les États généraux du monde rural en 1991 ont été ni plus ni moins que l’amorce d’une longue campagne politique à laquelle une vision, des propositions, des adhésions, des revendications, des victoires et parfois des déceptions ont permis l’évolution de la ruralité. À travers l’action de la coalition des leaders du monde rural, nous menons une campagne de tous les instants pour renverser le mouvement de déclin de nos communautés. Ce que nous affirmons aujourd’hui, c’est que nous la poursuivrons encore et toujours. Car si des gains importants ont été faits depuis deux décennies, nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres.

Notre avis est lui-même l’aboutissement d’une campagne, d’un exercice de participation citoyenne sans précédent qui nous aura permis de rencontrer plus de 2 000 ruraux dans une trentaine de lieux, de lire une soixantaine de mémoires et d’entendre les propositions des centaines de participants à nos trois forums.

Il est aussi le point de départ d’une nouvelle campagne. Celle pour que nos idées et nos propositions se concrétisent en un véritable projet de société durable pour le Québec sur un horizon de vingt ans, dont vous trouverez l’énoncé dans les prochaines pages de cette édition du Québec rural ainsi qu’en ligne sur un tout nouveau site à l'adresse : toujoursencampagne.ca.

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PORTRAIT D'ICI

SURVOL DE L'AVIS

Un projet de société durable

Par Caroline Jacob
cjacob@solidarite-rurale.qc.ca

Projet de société. Une expression qui fait réagir! Un seul projet pour tous… qui n’en a pas déjà rêvé!

L’Avis de Solidarité rurale du Québec propose, ni plus ni moins, un projet de société durable pour le Québec sur un horizon de vingt ans. Loin d’être unidimensionnel, il prend en compte chacune des parties qui composent un tout qu’est notre société, laissant place à la différenciation. Ce projet s’inscrit dans la continuité. S’appuyant sur le bilan que l’on peut dresser de la ruralité depuis les États généraux du monde rural, sur les démarches des ruraux qui ont mis l’épaule à la roue de leur propre développement et sur les résultats de l’action gouvernementale, ce projet de société est malgré tout résolument tourné vers l’avenir.

Notre projet de société durable

Forts de la vision et de la priorité nationale que constitue la Loi pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires à titre de projet de société;

Fiers de traduire nos aspirations de développeurs dans la vision des leaders nationaux qui voient la ruralité de demain comme des milieux de vie attrayants avec un ancrage culturel suscitant fierté, actions citoyennes et engagement dans le développement durable de communautés interdépendantes;

Honorés de porter la voix des ruraux qui nous ont inspiré les « nouveaux paradigmes » à parachever et les avenues opérationnelles pour y arriver;

Engagés avec nos partenaires pour offrir tout le soutien et l’expertise nécessaire à l’épanouissement des communautés et des personnes qui habitent en ruralité, qui y produisent des biens et des services et qui la protègent;

Puisqu’il ne suffit pas de le dire une fois, qu’il faut le réaffirmer, qu’il faut viser une appropriation collective;

Et parce que la Politique nationale de la ruralité est cette politique citoyenne de développement horizontal qui permet de porter le projet sociétal telle une véritable démarche d’édification de la ruralité de demain…

Lorsque nous regardons vers l'avenir…

Nous voyons des communautés complémentaires qui intègrent et qui rassemblent dans un projet de société toutes les forces vives afin d’en faire profiter l’ensemble de la collectivité québécoise;

Nous voyons une nouvelle génération d’élus inspirés par leur rôle de coordination du territoire que leurs prédécesseurs avaient contribué à faire reconnaître et à bâtir dans le souci d’un legs;

Nous voyons des MRC centres de stratégies territoriales, avec toute la marge de manœuvre nécessaire pour gérer un fonds consolidé, avec le pouvoir de mise en œuvre des politiques locales et de regroupement des nombreuses politiques sectorielles et de leurs programmes à l’intérieur d’une offre globale et cohérente à la hauteur d’un Pacte territorial;

Nous voyons des communautés informées et instruites de ce que représente la prise en main du développement de leur territoire et qui, sur cette base, élisent un préfet qui représente leurs aspirations, qui veille à répondre à leurs besoins et qui guide les troupes;

Nous voyons des CLD assurant pleinement leur rôle de leader du développement socioéconomique et culturel inclusif;

Nous entendons s’élever au-dessus des tables territoriales inclusives des discours et des échanges qui parlent indissociablement de développement socioéconomique et culturel axé sur un « mieux vivre ensemble » en faveur de l’enrichissement collectif;

Nous voyons des ruraux audacieux  qui misent sur leur talent et leurs capacités pour développer des projets d’entreprises et créer des emplois durables, et qui sensibilisent leur jeunesse à l’importance de l’entrepreneuriat local;

Nous voyons l’expression d’une multifonctionnalité qui s’ignore en parole, mais qui culmine par sa mise en pratique;

Nous observons des concepteurs de programmes qui inventent des mesures de modulation en ruralité de façon systématique;

Nous voyons des familles, des citoyens engagés et des communautés offrant à leurs enfants, à leurs aînés et à leurs voisins un milieu sain, dynamique et sécuritaire, dans lequel ils ont la possibilité de se développer à leur plein potentiel;

Et parce que cela fera encore partie de la vie dans le futur : nous voyons des gens habiter la ruralité, pouvant vivre toutes les étapes de leur vie dans leur milieu et dans la dignité

Ensemble, façonnons une nouvelle phase du développement de la ruralité québécoise!

Avis, Chapitre 3

Les étapes de réalisation du projet de société

Pour que ce projet de société ne soit pas qu’un vœu pieux, pour qu’il prenne vie et s’incarne dans la réalité des milieux ruraux, il faut maîtriser les obstacles qui empêchent le plein épanouissement du monde rural. Penser autrement, changer les pratiques. Ces mots résonnent depuis longtemps. Aujourd’hui, les milieux ruraux se voient proposer dans l’Avis un chemin pour progressivement les concrétiser. Ce chemin à se frayer pour les vingt prochaines années s’appuie sur ces piliers :
 

  1. Le changement de culture à tous les paliers de gouvernance rendu nécessaire par l’actualisation des « nouveaux paradigmes »;
  2. L’anticipation des contraintes de mise en œuvre;
  3. Les réformes sectorielles à compléter dans une optique d’application territoriale et multifonctionnelle.

 

Au cœur de l’Avis : les nouveaux paradigmes

Par Caroline Jacob
cjacob@solidarite-rurale.qc.ca

Pour que le projet de société durable culmine, Solidarité rurale du Québec propose ce qu’elle appelle le « parachèvement des nouveaux paradigmes » du développement de la ruralité. En d’autres mots, il faut compléter la mise en place d’un modèle cohérent de vision du monde rural qui se divise en quatre volets ou paradigmes.

Ces quatre paradigmes ne sont pas inconnus, ils ont maintes fois été au cœur de la réflexion et de l’action, mais jamais leur parachèvement n’a été enclenché. Les voici :
 

  1. Une gouvernance territoriale inclusive. Condition première, indispensable et capitale en réponse à la question : Qui-fait-quoi-pourquoi?;
  2. Un développement socioéconomique multifonctionnel. Qui arrime et donne du sens à l’économie dans son contexte social, à l’échelle humaine qu’est le territoire d’appartenance;
  3. Le passage à la proximité des services. Pour répondre aux besoins de base des communautés rurales;
  4. La modulation des programmes et l'adaptation des services. Qui donne, entre autres, la marge de manœuvre nécessaire pour le parachèvement des trois autres paradigmes.

Premier paradigme : Une gouvernance territoriale inclusive

La gouvernance territoriale inclusive envisage le développement rural sous l’angle territorial plutôt que sectoriel, avec une approche globale, à la fois économique, sociale, culturelle et environnementale. Elle s’inscrit dans une logique de décentralisation nouvelle reposant sur la volonté de répondre à l'aspiration des ruraux de participer à la pleine gestion de leurs intérêts à travers l’affirmation d’une communauté d’intérêts. Elle s’appuie sur ces quatre leviers :

Levier 1 — Une gouvernance décentralisée. C’est-à-dire une décentralisation achevée en renforçant le rôle de la MRC, en élargissant celui du CLD, et où la société civile se voit incluse et représentée au niveau décisionnel. La Politique nationale de la ruralité s’en approche. Parce qu’elle s’appuie sur un processus démocratique, que la société civile participe à la prise de décision et que les ressources de l’État pour le soutien au développement des communautés sont transférées à un niveau local par la signature du Pacte rural entre le gouvernement et la MRC.

Levier 2 — Une conversion du schéma d’aménagement en plan de développement territorial intégré. Conçu pour éviter la multiplication des planifications et basé sur les résultats d’une réflexion collective en matière d’orientations, ce plan permettrait d’énoncer une vision territoriale d’avenir, cohérente et durable. Sous la coordination de la MRC, le CLD doit en assurer le leadership en mettant en place toutes les conditions nécessaires pour que cet exercice majeur de planification inclusive soit une réponse aux besoins et aux aspirations de ce territoire.

Levier 3 — Un passage progressif à un fonds consolidé au palier supralocal, une forme achevée de modulation. À la mesure d’un pacte territorial, ce fonds constituerait l’outil nécessaire à la conception et à la mise en œuvre du plan de développement territorial intégré. La poursuite de cet idéal sur un horizon de vingt ans se ferait étape par étape.

Levier 4 — Un accompagnement aux paliers local et supralocal. Dans le contexte d’une gouvernance territoriale inclusive, le palier supralocal doit se doter d’un agent de liaison territorial. Ce nouvel agent serait en mesure d’offrir tout le soutien nécessaire à l’édification d’une mise en commun des intérêts respectifs sectoriels. Une équipe tactique volante viendrait compléter l’accompagnement.

La gouvernance territoriale inclusive est un idéal. Il faudra du temps pour l’atteindre. C’est pourquoi l’Avis propose des projets pilotes qui permettraient de se rapprocher du modèle de gouvernance souhaitée de façon progressive, en intégrant des enseignements tout au long du processus.

Deuxième paradigme : Un développement socioéconomique multifonctionnel

Comment penser l’économie dans son contexte social à l’échelle humaine qu’est le territoire? En considérant le développement économique de façon plus intégrée pour éviter la polarisation du développement social et culturel et du développement économique traditionnel. On parlera alors de développement socioéconomique. Selon cette façon de voir, le développement économique (création d’entreprises, investissement, exploitation des ressources, etc.) se fera en tenant compte des spécificités des milieux et s’insérera dans une logique territoriale, incluant bien sûr les considérations humaines. L’approche multifonctionnelle, c’est-à-dire penser le développement des milieux ruraux selon leurs différentes fonctions (produire, habiter, protéger), constitue à notre avis la clé pour diversifier le tissu économique des milieux ruraux et créer de la richesse dans une optique durable qui tienne compte de l’intérêt du plus grand nombre.

Pour opérationnaliser ce changement, il importe de se défaire du penchant pour la logique de guichet unique (au niveau national), notamment dans ce qui touche l’attribution des subventions aux projets d’entreprises. Penser globalement l’économie des régions à un niveau national laisse peu de place à la cohérence tant recherchée par les milieux ruraux.

Troisième paradigme : Le passage des services de proximité à la proximité des services

Depuis quelques années, les façons de penser et de dispenser les services en milieu rural ont évolué pour s’adapter aux nouvelles réalités des milieux. Ceci nous a amenés à considérer les services de proximité de l’autre côté de la lorgnette, du côté de la proximité des services. De ce côté, la question territoriale et géographique ainsi que la question démographique et environnementale prendront une grande importance dans la réflexion du développement des services en milieu rural. La question de la modulation de l’offre de services, en fonction de la demande du milieu et de sa capacité à se prendre en charge, sera tout aussi importante; que cette offre de services vienne du gouvernement ou du niveau local.

Les efforts pour le maintien des services de proximité de base gardent toute leur légitimité. Les ruraux ont fait preuve de créativité en développant une approche de complémentarité et de réciprocité avec leurs voisins ou, encore, ont créé des lieux multifonctionnels. Il importe maintenant d’établir des liens entre la vision des leaders nationaux et celle des territoires qui est définie par la communauté. Cette cohérence sera rendue possible en soutenant la MRC pour qu’elle intègre ses actions en matière d’accès aux services dans son plan territorial.

Quatrième paradigme : Une demande de modulation universelle et des chantiers sur mesure

La clause universelle de modulation assortie d’une approche cas par cas proposée dans la PNR 2 n’a pas donné les résultats escomptés. Toutefois, la mesure destinée à appliquer la modulation à certains secteurs (habitation, infrastructure et services municipaux, prestation territoriale de service public dont en matière de garderie et de formation, ainsi que la gestion du territoire) a entraîné certains résultats, bien que timides.

Cependant, des outils mis en place par le gouvernement ou des instances régionales dans les dernières années ont donné des résultats plus encourageants, du moins dans le sens des objectifs recherchés par la modulation, comme l’article 59 de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles et le Pacte rural. Ainsi, une avenue à suivre au chapitre de la modulation est dans la création d’outils souples qui permettent aux instances locales ou supralocales de définir les grandes orientations, de prendre part aux décisions et de mettre à profit leur connaissance des difficultés et des forces de leurs territoires respectifs.

En dépit des quelques efforts du gouvernement de moduler, force est de constater que les résultats obtenus continuent de décevoir les ruraux. Ils ont plutôt continué de croire que la modulation serait un échec, et appris à composer avec cette réalité en développant une gouvernance « du bon sens ». Mais pourquoi? Parce que la clause modulatoire est mal connue des citoyens, des élus et des différents ministères. Il n’y a qu’un pas à faire pour comprendre que ces mêmes ministères ont du mal à produire des programmes modulables et à s’accorder entre eux. Il nous faut poursuivre et démontrer plus de rigueur et de vigueur en proposant quatre chantiers de modulation avec quatre secteurs névralgiques: habitation, utilisation des terres agricoles; transport collectif; éducation (recommandation 14 de l’Avis).

Les grandes étapes et les recommandations

L’Avis est ambitieux. C’est pourquoi il présente les grandes étapes de cette prochaine phase de développement, en anticipant les contraintes de mise en œuvre et en envisageant les grandes réformes sectorielles pour le plein déploiement de notre projet de société durable. Enfin, une série de 18 recommandations vient aider à opérationnaliser le tout. Les conditions sont maintenant réunies pour que nous puissions ensemble façonner la prochaine phase de développement rural du Québec.

Coordonnées de l’Avis >> Allez au www.toujoursencampagne.ca L’Avis… et plus encore!

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BREVES

Prix Ruralia-Desjardins 2013

Par Amélie Germain, 
agermain@solidarite-rurale.qc.ca

Pour cette seconde édition, ce sont 132 projets novateurs et uniques dont la candidature a été soumise au jury de sélection, ne leur laissant pas la tâche facile. Le grand lauréat de cette année est la Plate-forme agricole de l’Ange-Gardien, récipiendaire d’une bourse de 25 000 $. En mettant à la disposition des jeunes agriculteurs : des champs, des infrastructures et de l’équipement, la Plate-forme agricole est un incubateur où ceux-ci peuvent démarrer leur entreprise. Un coup de pouce concret qui permettra de former la relève agricole.

Le Village d’accueil des Hautes-Laurentides est le second lauréat et obtient une bourse de 10 000 $. Ce regroupement de 17 municipalités s’est inséré dans le circuit touristique international de groupe en développant un concept novateur de Village d’accueil grâce à une mobilisation exemplaire. Récipiendaire d’une bourse de 5 000 $, le Projet Harmonie inter-communauté est le troisième lauréat de cette seconde édition. Les activités sociales, culturelles et sportives organisées grâce à la mise sur pied de ce projet ont permis des rapprochements interculturels et l’amélioration des relations entre les autochtones et les non-autochtones dans les municipalités de Pointe-à-la-Croix et de Listuguj, en Gaspésie.

Les efforts des trois lauréats de cette année seront soulignés lors d’un banquet gastronomique dans le cadre de la 19e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec.

 

 

Formation nationale annuelle des agents de développement rural

Par Lise Roy,
lroy@solidarite-rurale.qc.ca

La 18e Formation nationale des agents de développement rural organisée par Solidarité rurale du Québec se tiendra dans la MRC d’Arthabaska, plus précisément à l’Hôtel Le Victorin de Victoriaville. Cette grande communauté de pratique de plus de 160 agents travaillant partout sur le territoire rural québécois se donne rendez-vous du 7 au 10 mai prochain sous le thème « DD2 Développement durable, développons demain! ».

En collaboration avec le Comité formation et accueil des nouveaux et les agents de la région hôtesse, tout le monde met la main à la pâte pour offrir une programmation qui saura plaire au RADAR (Réseau des agents de développement au cœur de l’action rurale). Les ingrédients choisis, espérons-le, guideront les agents vers des apprentissages porteurs d’un avenir rural toujours plus innovant, dans la perspective d’un développement durable saisi.

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AGENDA

11 mars (S. Lépine)
Montréal. Assemblée générale annuelle du CQCM

12 mars (C. Bolduc)
Sherbrooke.  Conférence sur la souveraineté alimentaire à la faculté des sciences de l’Université de Sherbrooke

14-15 mars (S. Lépine)
Québec. Séminaire sur l’aménagement et le développement territorial du CRDT

15 mars (C. Bolduc)
Sherbrooke.  Conférence lors du Forum sur les dérives des OGM agroalimentaires des AmiEs de la terre de l'Estrie

19 mars (C. Bolduc, S. Lépine)
Québec. Comité des partenaires de la ruralité

20 mars (C. Bolduc, A. Genest, S. Lépine, L. Lavoie)
Bromont . Rencontre du conseil d’administration de SRQ

20 mars (C. Bolduc, A. Genest et toute l’équipe)
Bromont. Assemblée générale annuelle de SRQ

20-22 mars (Toute l’équipe de SRQ)
Bromont. 19e Conférence nationale sur le thème « Passé, présent, futur. Conjuguer le monde de demain »

21 mars (Toute l’équipe de SRQ)
Bromont. Banquet de la remise des prix Ruralia-Desjardins

25 mars  (C. Bolduc)
Montréal . Conférence dans le cadre de la semaine des sciences humaines du Cégep Gérald-Godin

25-26 mars (L. Roy)
Québec. Rencontre du groupe de travail sur la plateforme d’accompagnement

27-28 mars (S. Lépine)
Québec. Rencontre du groupe de travail sur la PNR 3

28 mars (L. Roy)
Drummondville. Rencontre du comité de travail sur les journées annuelles en santé publique 2014

6 avril (C. Bolduc)
St-Louis-de-Blanford. Conférence lors de la Journée de la ruralité du Centre-du-Québec

6 avril (L. Roy)
Dolbeau-Mistassini. Journée de la ruralité dans la MRC Maria-Chapdelaine

11 avril (C. Bolduc)
Lévis. Dîner-conférence au Congrès annuel FQCF

17 avril  (C. Bolduc, A. Genest, S. Lépine, C. Jacob)
Par conférence téléphonique. Rencontre du comité exécutif de SRQ

20 avril  (C. Bolduc)
Montréal. Panéliste lors du congrès de l’AAPQ

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