Édition spéciale - printemps 2011, vol. 20, no 2

La Déclaration du monde rural
Éditorial
Mot du Secrétaire général
Portrait d'ici
Témoignages
Ruralia
Brèves
Agenda

 

La Déclaration du monde rural

Les États généraux du monde rural réunis à Montréal les 3, 4 et 5 février 1991

  • Conscients de leurs responsabilités face aux Québécoises et aux Québécois ;
  • Convaincus que le monde rural est actuellement confronté à une grave crise structurelle dans tous les secteurs de l’activité humaine et naturelle ;
  • Décidés à prendre en main le développement général et particulier du milieu rural ;
  • Prêts à vivre en solidarité d’action dans chacune des régions et entre elles ;
  • Assurés de parler au nom de l’intérêt particulier et général des citoyennes et des citoyens du milieu rural ;

S’engagent solennellement :

  • À tout mettre en œuvre dans leur domaine d’interventions respectif pour favoriser la concrétisation du modèle de développement rural tel que défini par l’exercice des États généraux ;
  • À respecter les éléments spécifiques qui ont été dégagés et qui sont à la base de l’édification de la nouvelle ruralité. Ces éléments sont les suivants :
    • La valorisation de la personne ;
    • La prise en charge, par le milieu, de son avenir ;
    • Le respect et la promotion des valeurs régionales et locales ;
    • La concertation des partenaires locaux et régionaux ;
    • La diversification de la base économique régionale ;
    • La protection et la régénération des ressources ;
    • Le rééquilibrage des pouvoirs politiques du haut vers le bas ;
    • La promotion de mesures alternatives pour un développement durable.

Par cet engagement, nous nous rangeons résolument aux côtés de ceux et celles qui travaillent à inventer et à bâtir une nouvelle société rurale et non pas aux côtés de ceux et celles qui considèrent la désertification de l’espace rural comme une fatalité.

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EDITORIAL

Il faut tout un village pour…
sauver un village

par Claire Bolduc,
presidente@solidarite-rurale.qc.ca

Il y a 20 ans, dans la mouvance des sables de la mondialisation, au sortir d’une crise économique, un mot était sur toutes les lèvres. Consolidation. Un autre suivait, tout juste derrière; rationalisation.

Voulue ou non, cette mouvance s’étendit jusqu’à la base de toutes les bases : l’agriculture. Les fermes disparaissaient à un rythme effréné, avalées par plus grosses ou simplement abandonnées.

L’UPA d’alors, dirigée par Jacques Proulx, entreprit d’organiser des États généraux de l’agriculture. De village en village, ils rencontrèrent des agriculteurs, oui. Mais des citoyens d’abord. Des citoyens inquiets de voir l’école menacée de disparaître, la commission scolaire fusionner avec une autre, l’épicerie vaciller, le bureau de poste fermer. L’UPA comprit rapidement que la route était beaucoup plus large que le seul sentier de l’agriculture, que c’était le village entier qui était remis en question, et que pas un agriculteur ne pouvait vivre sans son village. Voilà pour la genèse des États généraux qui devinrent ceux du monde rural.

Une Coalition unique au monde allait naître de cette idée qu’il faut tout un village pour sauver un village. Du monde municipal, aux centrales syndicales en passant par le mouvement coopératif, le monde agricole, jusqu’au clergé… Tous allaient se retrouver autour de la même table pour défendre une Déclaration, celle du monde rural, visionnaire, encore aujourd’hui criante d’actualité.

***

20 ans plus tard. La Coalition est toujours là. Elle aura résisté envers et contre tout aux chocs des Titans réunis en son sein, levant le nez sur toute tentation que ce soit de se taire pour ne pas déplaire à ses mécènes, refusant de céder le moindre iota de son intégrité au profit de l’un de ses membres, rejetant le trop peu, le saupoudrage dont bien d’autres se seraient contentés, maintenant le cap, l’œil fixé sur l’objectif, comme un chevalier sans peur et sans reproches mis au service d’une reine inspirante.

La ruralité, grâce à l’action de ses communautés, aux soins apportés sans relâche, bourgeonne maintenant doucement, çà et là, comme un arbre retrouvant le printemps après avoir connu un dur hiver. Certaines MRC goûtent enfin le fruit de leurs efforts. D’autres sont encore à débroussailler, à émonder. Mais partout, les communautés sont au travail, conscientes comme jamais que la vitalité de chaque branche dépend de racines communes.

Pourtant, alors que le cœur est à la célébration, le plus grand défi de la Coalition, c’est peut-être maintenant qu’il se joue. « C’était tellement plus facile avant; comme nous n’avions rien, nous nous retrouvions devant tout. Le problème maintenant, c’est qu’ayant tout, nous nous retrouvons devant rien. » pour citer Yvon Deschamps, dans son monologue sur l’adolescence… Au moment de fêter nos 20 ans, l’observation vaut aussi pour la Coalition et la ruralité qu’elle sert.

La ruralité va un peu mieux qu’hier, et, j’ose l’espérer, moins bien que demain. Nous avons sous les pieds un tremplin pour nous propulser dans l’avenir. Mais ce tremplin constitue en même temps une zone de confort moelleuse, qui invite comme un lit bien douillet à dormir du sommeil du juste qui a travaillé plus que ce qu’on lui demandait, à se reposer.

C’est un piège.

Nous sommes tous, membres et amis de la Coalition qu’est Solidarité rurale du Québec, responsables de l’éviter, quitte, s’il le faut, à nous secouer les uns les autres pour garder le cap.

À ce titre, l’occupation des territoires, du moins dans la vision que Solidarité rurale du Québec et ses partenaires en ont, a de quoi secouer bien des dogmes et des façons de faire réconfortantes. Si cette vision peut donner le vertige à certains, c’est qu’elle peut nous mener encore plus haut, tout simplement. L’immigration, la gouvernance, les médias, l’enjeu énergétique… ce sont là autant de questions que la Coalition n’a jamais pu prendre à bras le corps, attrapant de Commission en Commission la perche lancée. Mais c’est là que se jouera notre avenir. Et c’est là que vous nous trouverez, quoi qu’il arrive, maintenant le cap, encore et toujours, l’œil fixé sur l’objectif, comme un chevalier sans peur et sans reproches mis au service d’une reine inspirante, belle et forte d’un royaume... la Déclaration du monde rural.

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MOT DU SECRETAIRE

20 ans d’une solidarité toute rurale

Par Cherkaoui Ferdous,
cferdous@solidarite-rurale.qc.ca

Capter l’essence derrière vingt années de réalisations foisonnantes et riches de Solidarité rurale du Québec ne peut se réduire à présenter « l’essentiel » et à élaguer « les détails ». Cela ne rendrait pas justice à la signification qu’ont eue toutes les batailles, toutes les mobilisations et les innombrables gestes d’une Coalition dans un contexte où le monde rural devait se défendre sur tous les plans et recouvrer la confiance en ses propres capacités. La résultante de ce travail en profondeur est nettement perceptible quand on pense aux acquis comme les politiques de la ruralité, le réseau des agents ruraux, les produits du terroir entre autres. Mais le résultat déborde largement puisque la réflexion a été relayée par l’action dans et par les milieux. Cet impact diffus et vague est aussi important pour une coalition qui a su jouer un rôle d’éveil et d’influence sans chercher à se substituer aux acteurs ruraux. Chemin faisant, elle a mis des mots sur les ennemis qui assaillent les ruraux et inhibent leur propre action : le défaitisme et la fatalité. On ne rompt pas du jour au lendemain avec des habitudes ni avec le sentiment d’impuissance, mais SRQ a réussi à faire reculer ces maux qui paralysent en se servant d’exemples d’ici et d’ailleurs, suscitant l’émulation.

Le secret derrière la longévité de la Coalition ne tient pas qu’à un instinct de survie. Il se trouve d’abord dans l’esprit qui a présidé sa naissance, celui de ne pas servir de simple caisse de résonance de ses propres membres, mais plutôt de devenir un chien de garde qui surveille les engagements envers la Déclaration du monde rural. Son histoire démontre qu’elle n’a pas été une simple somme de ses intérêts, ni le plus petit dénominateur commun. Elle a su, au contraire, élever le débat et amener la réflexion sur un intérêt collectif : le territoire et l’avenir du monde rural. Cela n’est possible que par la maturité de ses membres et leur ouverture à participer volontairement aux exigences du jeu collectif. Surpasser les intérêts sectoriels et catégoriels, c’est aussi la conscience d’une nécessaire solidarité dont ne peut se passer le monde rural. La longévité trouve une autre explication dans les réalisations de SRQ. Elle a vu précocement des niches où la valeur ajoutée de son apport allait faire toute la différence, comme elle a su se tenir loin de l’opportunisme et demeurer intraitable pour obtenir une vraie politique nationale pour le monde rural.

Ces vingt années n’ont pas été un long fleuve tranquille ni une suite rectiligne de succès. Il y a eu des déceptions et des victoires, des épreuves et des incertitudes, des moments de solitude et des regains de solidarité. SRQ s’est forgé une personnalité, une voix dont la tonalité a pu varier et parfois brasser, mais le fond est resté solidement fidèle à sa mission. Cette constance lui a permis de ramer à contre-courant et souvent pendant longtemps comme le démontre la vision qu’elle n’a cessé d’appeler pour la forêt. Ces positions se sont nourries dans l’observation qu’elle porte de façon permanente sur les milieux ruraux, et l’approche de développement qu’elle a préconisée puise d’abord dans le réservoir d’innovations que recèlent le monde rural et ses communautés.

En cinq actes, je vous présente une lecture du parcours de Solidarité rurale du Québec en espérant permettre à chacun d’y trouver des ingrédients et des raisons pour un autre cycle de vie de cette coalition unique.

1991 : Naissance d’un mouvement, émergence d’une idée

Pensés et organisés en l’espace de quelques mois, les États généraux du monde rural tenus en février 1991 allaient rassembler 1 200 participants provenant de 375 organismes de toutes les régions du Québec. Trois jours de débats, ponctués de conférences, de pièces de théâtre façonnées par Serge Turgeon de l’Union des artistes, bref, une effervescence et un sentiment de renouveau soufflent sur une assistance assoiffée de changement. C’est dans cette ambiance qu’est né un mouvement unique en son genre; une Coalition fondée par 28 organismes, rassemblée non pas autour des intérêts respectifs de ses membres, mais bien autour d’un engagement commun : la Déclaration du monde rural. Solidarité rurale du Québec est créée et mandatée pour assurer le suivi des États généraux du monde rural. Elle compte alors deux employés à mi-temps, dont le premier secrétaire général Henri-Paul Proulx. Leader redoutable reconnu de tous, Jacques Proulx assume la présidence de ce mouvement qu’il a instigué. Solidarité rurale du Québec a commencé ainsi à réinstaller les mots ruralité et village dans le paysage politique québécois avant même d’ouvrir ses premiers bureaux à Nicolet en novembre 1991. Durant cette même année de fondation, sept régions créent des organismes ou comités de développement rural avec SRQ et trois autres y travaillent.

L’acte de naissance de cette coalition correspond à l’entrée en scène d’une nouvelle idée, celle de considérer la ruralité au-delà de l’agriculture. Ce qu’on qualifie de nouveau paradigme rural, SRQ l’a intégré au moment même où la mobilisation entamée dans le monde agricole a su rassembler les syndicats, les artistes, les coopératives, les élus, les pêcheurs, les agronomes, les cégeps et commissions scolaires; tout un chacun responsable d’un bien commun : l’avenir du village.

1991-1995 : Mobilisation et défrichage

Les premiers faits d’armes de Solidarité rurale du Québec ont eu lieu sur le terrain de la mobilisation des communautés rurales. SRQ se fait remarquer par une action vigoureuse pour freiner la fermeture des bureaux de poste jusqu’à l’obtention d’un moratoire (1992-1993), et par une lutte soutenue pour le maintien des écoles de villages et de quartiers (1994-1995). L’impulsion des États généraux encore fraîche, SRQ a lancé une tournée d’information sur la Côte-Nord, le Bas-Saint-Laurent et Lanaudière (1992). Pendant cette période, SRQ a tenu deux sessions de formation sur le développement rural destinées aux élus (1992) et une séance de suivi avec les principaux responsables régionaux (1994).

Forte de la mobilisation que suscite son action, SRQ a commencé à faire entendre sa voix au sein des commissions parlementaires et des grands rendez-vous. La culture, le développement régional, la carte électorale, la forêt ont fait l’objet de mémoires ou de déclarations, notamment entre 1992 et 1994. En 1995, la Coalition acquiert une nouvelle reconnaissance et son président Jacques Proulx siège à la Commission sur l’avenir du Québec et sur le Sommet sur la forêt privée. Il sera également de la partie lors des États généraux sur l’éducation.

Pendant qu’une réflexion organisée sur le monde rural prenait forme dans les éditions successives du Québec rural, une fenêtre annuelle allait s’ouvrir par le biais des Conférences nationales sur les pratiques exemplaires et sur la responsabilisation des communautés rurales face à leur propre développement. Un souci précoce pour la recherche sur la ruralité amène SRQ à se doter d’un premier comité scientifique et à apporter son appui à l’UQAR pour l’élaboration d’un premier certificat en développement des communautés rurales (1994).

1996-2000 : Affirmation et reconnaissance

La seconde moitié des années 1990 a commencé par un rendez-vous marquant pour le Québec : le Sommet sur l’économie et l’emploi de 1996. Active sur les tables de travail préparant ce sommet, SRQ sera étroitement associée à l’Opération Villages prospères, un groupe de travail dont la présidence a été confiée justement à Jacques Proulx. Son rapport déposé auprès de Bernard Landry, alors ministres des Finances, allait être rapidement suivi : embauche de 50 agents ruraux pour animer et soutenir le développement du territoire rural, embauche de plus de 200 étudiants pour travailler à l’amélioration des connaissances des ressources physiques et humaines des milieux et des mesures favorisant la réalisation d’initiatives communautaires. Dans la foulée de ce même rapport, le gouvernement du Québec reconnaît en 1997 Solidarité rurale du Québec comme instance-conseil en matière de ruralité sur l’ensemble du territoire québécois. Le premier mandat qui lui est confié consiste à conseiller le gouvernement dans la préparation d’une politique de développement rural.

Forte de cette reconnaissance, SRQ renforce son équipe et s’attèle à préparer, dès le printemps 1998, une importante tournée baptisée la Corvée d’idées. En huit semaines, l’équipe de la tournée parcourt 10 000 km, pour tenir 51 rencontres réunissant 2 000 ruraux et quelque 200 organismes. Ce travail – qui s’est également inspiré de quelque 135 mémoires, une revue des politiques rurales dans six pays et une mission en Europe – allait se conclure par l’adoption d’un Avis pour une politique de développement rural au début de 1999 et par son dépôt officiel au ministre devant 300 ruraux réunis à Pointe-au-Pic à l’occasion de la 4e Conférence nationale.

Alors que le gouvernement tardait à donner une réponse sur une politique de développement rural tel que recommandé dans l’Avis, la Coalition maintiendra la pression et Solidarité rurale du Québec et la Fédération Québécoise des Municipalités redoubleront la mobilisation. Durant cette année, le réseau d’agents de développement rural voit son nombre doubler de 50 à 100 agents et SRQ voit son mandat d’instance-conseil reconduit.

Durant cette même période, la réflexion de Solidarité rurale sur les produits du terroir est mûre, elle profite de la Conférence sur l’agriculture et l’agroalimentaire de Saint-Hyacinthe pour arracher des engagements à cet égard : des budgets pour la valorisation et la transformation des produits du terroir, un mandat pour promouvoir ces produits et confectionner un inventaire. Elle organise un séminaire itinérant qui a couvert 10 régions, elle tient dès novembre 1999 un Symposium international sur l’économie des terroirs et lance le répertoire Mémoire des terroirs. Des spécialistes provenant d’Italie, de France, d’Angleterre, d’Espagne, des États-Unis et de l’OCDE prennent part à cet important symposium, véritable bougie d’allumage pour le virage vers les produits du terroir qui allait s’enclencher partout au Québec.

Parallèlement, SRQ stimule les échanges entre les régions sur les initiatives de transports collectifs et tient un premier Forum sur le transport en milieu rural à Château-Richer sur la Côte-de-Beaupré en septembre 1999. Elle tient une rencontre de jumelage entre Montréal et les régions pour stimuler la régionalisation de l’immigration. De plus, elle développe une capacité d’observation et d’analyse qui lui a permis de documenter les initiatives dans les communautés rurales. Le recueil « Les Pages vertes » paru en 1998 et de nouveau en 1999 présente près de 170 initiatives rurales dans tous les domaines (gouvernance, tourisme, etc.). SRQ met également à la disposition des intervenants et chercheurs une banque de données sur la ruralité comptant plus de 1 100 titres au début de 1998.

Solidarité rurale obtient également une reconnaissance du gouvernement fédéral avec la signature d’une entente qui considère SRQ comme regroupement clé sur lequel les communautés québécoises peuvent compter pour assurer la diversification de leurs bases économiques locales.

L’actualité a amené la Coalition à se prononcer par des mémoires sur les enjeux de l’eau, des écoles de villages, de la réorganisation municipale, de la forêt, du patrimoine et de l’action communautaire.

2001-2005 : Effervescence et détermination

Patiemment cultivé et mûri, le fruit que constitue une politique rurale en bonne et due forme allait être récolté à la fin de 2001. Trois ans de travail, d’insistance, de découragement, d’espoir, de lettres ouvertes ont fini par faire comprendre que les ruraux n’accepteraient rien d’autre qu’une Politique nationale. Quand le gouvernement décide de l’élaborer en juin de la même année, Solidarité rurale s’engage dans le blitz intensif de ces travaux. Le dévoilement de cette première Politique nationale de la ruralité le 6 décembre 2001 au Salon rouge de l’Assemblée nationale fut un moment de grande émotion, particulièrement quand Jacques Proulx y appose sa signature. La détermination et l’énergie investies dans ce projet allaient forger chez SRQ son caractère de chien de garde de cette politique et de l’approche novatrice qui rompt avec les programmes pensés et administrés d’en haut.

Dès mars 2002, SRQ prépare en 20 jours les Journées nationales de la ruralité lors desquelles 600 représentants de la société civile et du monde rural sont conviés. Signature de nombreux pactes ruraux entre les MRC et le ministère des Régions, lancement de la corvée rurale destinée à doter les milieux de plans de travail et dévoilement d’une trousse d’animation conçue pour les agents ruraux ont été au menu de cet événement. Ce vigoureux coup d’envoi de la Politique a permis en six mois à 80 MRC de signer le pacte rural et d’enclencher un chantier de corvée rurale.

Lors de cette même année est institué le Comité des partenaires de la ruralité formé de la Fédération Québécoise des Municipalités, de l’Association des centres locaux de développement, l’Association des régions, du ministère des Régions et de Solidarité rurale du Québec. Celui-ci a pour mandat de conseiller le ministre et suivre la mise en œuvre de la PNR. Soucieux de mobiliser l’ensemble des élus et encourager leur implication dans la mise en œuvre des pactes ruraux, le comité des partenaires de la ruralité prend part à la première partie d’une tournée organisée par SRQ en septembre 2002. Solidarité rurale poursuivra la seconde partie de la tournée des MRC baptisée « Maîtres d’œuvre de nos villages ». Cette tournée a été un grand succès avec 37 rencontres, 68 MRC, 798 municipalités, 6606 élus et directeurs de municipalités ainsi que 677 invitations à la société civile.

L’appui qu’apporte Solidarité rurale du Québec en matière de développement se raffine. En plus des formations annuelles ou itinérantes pour les agents ruraux, elle réalise une série d’émissions de radio intitulées « Entends-tu mon village? » diffusées dans une quinzaine de stations à travers le Québec et sur Internet. Elle produit des guides d’animation, des bulletins de réseautage, des vidéos, notamment sur le rôle des élus, et elle instaure une veille média sur la ruralité québécoise. Elle crée des forums de discussions sur le web qui allaient déboucher sur des rencontres nationales comme celle sur le transport collectif en milieu rural (Isle-aux-Coudres, 2002).

Catalyseur et animateur du développement rural, le réseau des agents de développement rural n’était pas à l’abri de l’incertitude; le climat de l’époque ne favorisait pas la rétention des agents dans leur emploi. Solidarité rurale milite alors fortement pour le renouvellement de la mesure d’embauche des agents tout en redoublant d’effort de formation et d’élaboration de trousse à outils. En 2004, le gouvernement reconduit cette mesure au grand soulagement des milieux, mais une autre menace allait planer, soit le renouvellement des ententes de financement de l’instance-conseil qu’est Solidarité rurale du Québec.

Entre 2001 et 2005, SRQ allait s’attaquer à un nouveau chantier : la migration vers les milieux ruraux. Alors que sur toutes les tribunes on ne parle que de l’exode des jeunes et des villages qui se dépeuplent, SRQ propose une Foire des Villages qui révèle aux urbains une ruralité accueillante, dynamique et un mode de vie différent. Trois éditions (2001, 2003 et 2005) rassemblent une cinquantaine de MRC au marché Bonsecours à Montréal. SRQ s’engage parallèlement dans un cycle de recherche sur le phénomène migratoire qui allait prendre place dans ses conférences nationales, ses guides et ses ateliers. L’effort mis par les ruraux sur cet enjeu allait, là aussi, se traduire par un renversement de la migration comme on le constatera des années plus tard. Entre-temps, le concept de Foire des Villages inspire et Solidarité rurale est invitée en France avant de s’engager dans le transfert de ce concept et la réflexion qui le sous-tend à des provinces canadiennes.

Sur un autre plan, le Québec tardait à encadrer les produits du terroir, véritables leviers de développement rural. SRQ poursuit ses représentations dans différents comités et commissions parlementaires, elle tient une Conférence nationale spécifiquement sur ce sujet : « Terroir Atout » en 2004. L’inertie qui touche ce dossier illustrait toute l’importance d’une nouvelle vision de l’agriculture et de l’agroalimentaire pour le monde rural. Un nouveau chantier s’annonçait.

La fermeture des écoles de village allait trouver un écho au sein du comité des partenaires de la ruralité nouvellement institué. Jacques Proulx, de même qu’André Caron alors président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, reçoivent le mandat du gouvernement du Québec de présider le Groupe de travail sur le maintien de l’école de village. Le rapport Caron-Proulx débouche sur l’instauration d’une obligation pour les commissions scolaires de tenir des consultations publiques avant toute fermeture d’école et d’un programme pour favoriser leur maintien. Par ailleurs, SRQ intervient sur deux enjeux interpellant ses propres membres, celui de l’enseignement collégial et celui des caisses populaires. Au début 2002, elle émet des réserves sur les projets de regroupements dans son mémoire «Le Mouvement Desjardins : de l’enracinement local à la caisse virtuelle ».

Au tournant des années 2000, SRQ amorce également une réflexion sur la nouvelle économie rurale inspirée par des missions en Europe sur les systèmes productifs locaux et les contrats de pays en France, l’Observatoire LEADER en Belgique et les filières de production en Italie du Nord. Deux conférences nationales successives (2002 et 2003) puiseront dans le thème de la nouvelle économie rurale pour amener les leaders du monde rural à voir autrement son développement endogène.

Bien avant l’onde de choc du film « L’Erreur boréale », SRQ a interpellé le gouvernement sur la question de la gestion forestière. La Coalition publie en 2003 un mémoire intitulé « Avant que la forêt ne devienne l’ombre d’elle-même ». Les tribunes ouvertes dans le cadre de la Commission Coulombe et ses longues suites seront l’occasion pour SRQ d’insister sur un changement profond du régime forestier.

Le Rendez-vous des régions (2002) et les États généraux de la réforme des institutions démocratiques (2003) accaparent SRQ qui doit préparer une réflexion étoffée et consulter sa Coalition. L’élection d’un nouveau gouvernement à Québec en 2003 allait apporter un lot de réformes qui ont forcé SRQ à intervenir sur plusieurs plans : les nouvelles structures régionales, les réseaux locaux de santé et services sociaux (2003), l’immigration (2004) et le capital de risque (2004).

2006-2011 : Renouveau et notoriété

La seconde moitié des années 2000 commence dans l’incertitude quant à l’avenir du mandat d’instance-conseil. Des mois difficiles passent pendant lesquels SRQ renouvelle son équipe. Ce climat la fait rebondir et elle s’attèle à une campagne de remobilisation des membres de la Coalition, ce qui porte ses fruits. La Conférence nationale de 2006 intervient alors que la Coalition insiste pour obtenir le renouvellement de la Politique nationale de la ruralité. Le premier ministre consent publiquement à cette demande devant les 300 ruraux réunis pour le 15e anniversaire de la Déclaration du monde rural. SRQ est alors invitée à formuler un avis à la ministre Normandeau et elle met en branle une tournée dès avril 2006 qui la conduit dans 15 régions. En tout, 860 participants de différents milieux prennent part aux 24 rencontres tenues. L’avis qu’elle dépose en juin est suivi d’une large mobilisation des communautés rurales menée de concert par SRQ et la FQM. Dès la rentrée automnale, le gouvernement s’attèle à un projet de renouvellement de la PNR avec les partenaires de la ruralité rejoint par l’Union des municipalités du Québec. L’annonce de la seconde politique nationale de la ruralité se fait en décembre, bonifiant largement l’enveloppe des pactes ruraux, augmentant le nombre d’agents ruraux, instituant des projets de laboratoires et des groupes de réflexion sur des enjeux d’actualité et apportant un nouveau soutien aux produits de spécialités. Il s’agit de surcroît de la seule politique qui s’étale sur un horizon de 7 ans. Le mandat d’instance-conseil vient de s’inscrire dans la durée avec la possibilité pour SRQ non seulement de répondre aux demandes d’avis du gouvernement, mais également de prendre l’initiative d’en formuler comme coalition.

On le voit, en l’espace d’un an, le travail acharné de la Coalition a permis une fois encore de renverser totalement la donne et de catalyser une mobilisation salutaire pour le renouvellement de cette politique. La mise en œuvre qui en suit mobilisera SRQ sur de nombreux chantiers comme le branchement à Internet, les énergies renouvelables, la complémentarité rurale-urbaine et la multifonctionnalité du territoire.

Cette période est également marquée par la réforme des grands secteurs piliers de l’économie rurale. L’agriculture a fait l’objet de résolution unanime de l’Assemblée générale de SRQ, ce qui a amené la Coalition à réclamer au plus haut niveau la tenue d’une commission nationale d’étude. La situation de crise dans ce secteur et le travail de conviction de SRQ ont porté fruit comme l’a reconnu le premier ministre du Québec qui annonçait la Commission Pronovost. SRQ engagea aussitôt un travail de recherche qui a permis à un comité de la Coalition de partager des constats et de réfléchir à une nouvelle vision qui met le territoire au cœur d’un nouveau contrat social pour l’agriculture. Les recommandations allaient trouver, pour l’essentiel, une place dans le rapport Pronovost déposé en 2007. Trois années plus tard, SRQ poursuivait son implication dans différents comités de suivi devant conduire à la première politique agricole du Québec.

La forêt est un autre pilier de l’économie rurale qui aura fait l’objet de réflexion et d’interventions vigoureuses de la Coalition. Refusant de réduire la sortie de crise à une simple stratégie de consolidation prônée par l’industrie, SRQ a milité pour une refonte complète du régime forestier. Celle-ci a fini par intervenir, bien que la place que réclame la Coalition pour une diversification du régime avec une plus grande place pour la foresterie communautaire, et pour la valeur ajoutée notamment au-delà des produits ligneux ne soit que marginale jusque-là.

Les énergies constituent le troisième champ qui a occupé les interventions de SRQ, avec le débat sur l’éolien et plus récemment sur les gaz de schistes. Dans ce domaine, comme dans celui des ressources naturelles, SRQ réclamera d’inscrire le développement à l’intérieur de l’aménagement du territoire. Elle appelle l’adoption d’une nouvelle stratégie d’ensemble des énergies tenant compte de la nouvelle donne en cette matière et de l’impératif environnemental.

La réflexion sur les questions économiques a amené SRQ à s’intéresser aux expériences de reconversion des communautés qu’elle compila dans le cadre d’un projet de recherche. La mondialisation et les transformations qu’elle induisait sur les territoires ont d’ailleurs été au cœur des Conférences nationales successives qui ont exploré des expériences d’ici et d’ailleurs. Les services de proximité et la culture ont également figuré sur la liste des thèmes avec les changements qu’induisent les technologies de l’information et les changements climatiques sur les territoires.

Les efforts de recherches ont porté sur un autre champ couvrant la démographie et la migration. L’apport de celle-ci et la transformation qu’elle induit de manière à façonner une nouvelle ruralité ont également fait l’objet d’études de cas et d’ateliers de discussions. Le renversement des courants migratoires au profit du rural a amené SRQ à repenser la Foire des villages pour ainsi moins chercher à stimuler la migration qu’à amener les ruraux à réfléchir sur l’accueil et l’intégration des nouvelles populations.

Durant cette période, la Coalition met l’emphase sur les dimensions de gouvernance et de décentralisation. Elle réclame l’élection des préfets au suffrage universel et la démocratisation de la gouvernance locale, elle est active dans le débat sur la réforme des institutions démocratiques et se montre favorable à l’introduction d’une dose de proportionnalité dans le mode de scrutin. Au-delà des débats des structures, elle a su inscrire la réforme de la gouvernance dans une optique de développement et d’un rééquilibrage des pouvoirs devant accompagner une plus grande prise en charge du développement social et économique par les communautés.

Jacques Proulx, président fondateur de Solidarité rurale du Québec quitte en 2008. Claire Bolduc lui succède et s’enclenche alors un nouveau cycle qui a amené les membres de la Coalition à porter un regard sur les priorités d’interventions. Rapidement, la nécessité d’une vision globale pour le monde rural, au-delà des batailles à la pièce et des réformes sectorielles non encore achevées, c’est la vision de développement qui rassemble toute la société et la place du territoire qui se dégage. Le chantier de l’occupation des territoires s’ouvre ainsi, une revendication qui remonte au tout début de la Coalition et portée par plusieurs de ses membres. En décembre 2008, l’occupation des territoires fait son entrée comme mandat ministériel, en juin 2009 SRQ tient un sommet de la société civile sur cet enjeu à un moment où la crise financière impose une remise en question dans toutes les sphères. Vingt-et-un leaders d’organismes nationaux des milieux ruraux et urbains, en plus de la participation des autochtones, conviennent de participer aux travaux de SRQ pour élaborer une vision et un plan d’action avec comme enjeu central l’occupation des territoires. Cinq ateliers de réflexions et de partages, une consultation dans les organisations et une consultation publique sur Internet, une Conférence nationale et un second sommet de la société civile plus tard, la coalition convenait alors d’un Avis sur l’occupation des territoires et d’une Déclaration de Shawinigan qui prône un engagement collectif pour un Québec fort de toutes ses communautés.

Le gouvernement enclenche alors un cycle de discussions avec une table de partenaires majeurs, dont SRQ. Une stratégie et une loi-cadre sur l’occupation des territoires sont annoncées par le gouvernement en 2011.

En guise de conclusion…

À travers tout ce cheminement, on peut voir clairement comment SRQ a su réagir aux enjeux de société, mais aussi comment elle a su amener de façon proactive un agenda de développement rural et une action soutenue mettant la ruralité à l'avant-scène des enjeux de société du Québec moderne. Oui, elle a été présente dans les grands débats qui s'imposent, mais tout en gardant ce caractère « proposeur » de son intervention qui aujourd’hui se pose du point de vue d’un projet global inclusif du monde rural à l'intérieur d'un projet de société. C’est d’ailleurs là que réside la définition d’une politique de l’occupation des territoires qui, de l’avis de SRQ, doit préparer à relever les défis de notre temps pour la ruralité.

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TOURNÉE

« Tant vaut le village, tant vaut le pays ». Ces mots retentissaient pour la première fois il y a 20 ans, lors des États généraux du monde rural, tenus à Montréal. Pour marquer l’anniversaire, Solidarité rurale du Québec présentera Ruralia, l’événement, du 16 au 21 mai, là où tout à commencé. Cet « événement » est tenu en cinq temps. La Formation des agents, la Conférence nationale, un Banquet-bénéfice ainsi qu’un événement grand public, St-Ailleurs-de-l’Avenir, visent tantôt à tisser des liens entre urbains et ruraux, tantôt à célébrer ce territoire qui nous habite et nous unit, tantôt à briser les préjugés tenaces sur le monde rural. À ces activités s’ajoutent la Journée de la ruralité, organisée par le Comité des partenaires de la ruralité, qui a choisit, cette année, de tenir l’événement dans le cadre de Ruralia.
 

Le village : Saint-Ailleurs-de-l’Avenir

Par Mélina Morin,
mmorin@solidarite-rurale.qc.ca

Dynamique, innovateur, inédit, le village de Saint-Ailleurs-de-l'Avenir débarque en ville! Généreusement, il partagera ses meilleurs coups avec Montréal. Installée dans la Grande-Place du Complexe Desjardins, la communauté de Saint-Ailleurs invitera le grand public à visiter ses espaces où des projets innovateurs dans différents domaines de la vie au village seront à l’honneur.

Éducation, économie sociale, santé, entrepreneuriat, agriculture, les Ailleurois ont relevé leurs manches pour offrir des réponses fortes à la nouvelle donne économique, environnementale et sociale.

Au travers de la vie au village, une programmation d’animation, d’activités, de débats et de spectacles alimenteront les échanges. Véritable village-vitrine des innovations rurales, Saint-Ailleurs accueillera curieux et chercheurs d’or de toutes les cultures dans son fouillis créatif et sa jungle de débats.

La Conférence nationale

Par Caroline Jacob,
cjacob@solidarite-rurale.qc.ca

La 18e Conférence nationale de Solidarité rurale du Québec n’emprunte pas un raccourci entre le fossé et la solidarité. Elle explore des passerelles le long desquelles peut se construire une prospérité qui solidarise le rural et l’urbain. Ces passerelles peuvent être la culture, le tourisme, les médias sociaux, l’économie verte ainsi que l’emploi et l’immigration.

Avant d’emprunter l’une ou l’autre de ces passerelles, ruraux comme urbains doivent d’abord traverser un passage obligé. Celui de la connaissance mutuelle, du regard sur le territoire et de la vision de la nouvelle donne économique qui prévaut ici et en Amérique du Nord.

La Conférence nationale ouvre également une fenêtre sur l’expérience de la ruralité américaine, française et chinoise, au moment où la ruralité d’ici célèbre 20 ans d’engagement autour de la Déclaration du monde rural.

Tout au long de la 18e Conférence nationale de Solidarité rurale du Québec, conférences, panels et ateliers seront l’occasion d’explorer les questions qui misent sur la complémentarité des territoires pour bâtir un Québec fort de ses 1 000 communautés… parce que Tant vaut le village, tant vaut le pays!

Le Banquet-bénéfice

Par Cynthia Rivard,
crivard@solidarite-rurale.qc.ca

Il y a vingt ans, 1 200 « leaders » se réunissaient à Montréal, aux États généraux du monde rural, pour jeter les bases d’un monde où l’autrement serait possible. Sous la présidence d’honneur de Madame Monique F. Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, le Banquet-bénéfice célèbre, le 18 mai, l’anniversaire de cet événement marquant pour le Québec en général et les ruraux en particulier.

Il s’agit là de l’occasion d’apprécier le chemin parcouru, d’échanges entre urbains et ruraux, mais surtout, surtout… de célébrer ce territoire qui nous habite, qui nous unit, qui nous rassemble.

Artistes invités
Richard Séguin  |  Karkwa
Sous la direction artistique de Mouffe

Animation
Louise Portal

Chefs invités
Martine Satre, Le Temps des Cerises, Danville
Colombe St-Pierre, Chez St-Pierre, Le Bic

 


Formation nationale des agents de développement rural

Par Lise Roy,
lroy@solidarite-rurale.qc.ca

La 16e Formation nationale des agents de développement rural organisée par Solidarité rurale du Québec s’intègrera cette année à l’intérieur de l’événement Ruralia. La grande cohorte de quelque 180 agents travaillant partout sur le territoire rural québécois se donne pour la première fois un rendez-vous urbain. La formation se déroulera du 16 au 18 mai à l’Hôtel Hyatt Regency de Montréal.
Rappelons que c’est depuis plus d’une dizaine d’années que les agents de développement rural accompagnent et animent les collectivités rurales. Leur apport est sans aucun doute tributaire de l’effervescence que l’on voit actuellement émerger de la ruralité. Cette grande rencontre donnera une place aux partages des savoir-faire.

La programmation de 2011 a été préparée en collaboration avec le Comité national des agents composé de 15 agents représentant les régions administratives (rurales) du Québec. De ce Comité national un Comité de formation regroupant 6 agents a notamment mis la main à la pâte dans l’organisation de cette activité.

Au menu formations, ateliers, visites terrain, activités de réseautage (intervenants : rural-urbain), échanges d’information entre les agents seront offerts. Cette année les formations mettront l’accent sur le savoir-être, le savoir-faire, le savoir-pouvoir, le savoir-voir. Le tout se terminera par la Journée de la ruralité organisée par Le Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT). Notons qu’il est partenaire de l’activité formation.

Un rendez-vous à ne pas manquer.

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PORTRAIT D'ICI

20 ANS D’ÉVOLUTION DU MONDE RURAL

Un bref portrait statistique

Caroline Jacob,
cjacob@solidarite-rurale.qc.ca

L’année 2011 marque les 20 ans des États généraux du monde rural et de la Déclaration du monde rural. Après deux décennies de réflexion, de mobilisation et d’actions, qu’en est-il du portrait global des milieux ruraux?

Démographie : perte de vitesse, statu quo ou croissance?

Depuis les États généraux du monde rural en 1991, la population rurale du Québec a-t-elle diminué, comme beaucoup ont tendance à le penser? Entre 1991 et 2006, année du dernier recensement, la population rurale du Québec a cru de 8 %, comparativement à 9,6 % pour la population urbaine. Avec un écart de 1,6 point de pourcentage, il s’agit, à première vue, d’une performance plutôt réjouissante pour les milieux ruraux. D’autant plus qu’entre 1981 et 1991, ces taux étaient de 9 % pour le rural et de 18,2 % pour l’urbain, soit un écart de 9,2 points. Perte de vitesse, statu quo ou croissance? La réponse à cette question est définitivement la croissance…

Les MRC essentiellement rurales – en opposition aux MRC comportant une agglomération urbaine ou situées en régions métropolitaines – ont enregistré une croissance de 4,2 % au cours de la période comprise entre 1991 et 2006. La bonne performance des MRC rurales des régions centrales qui affichent une augmentation de leur nombre d’habitants équivalente à celui de l’urbain, soit 9,6 %, vient combler la décroissance de la population observée dans les régions éloignées. En effet, cette croissance n’est pas l’apanage de tous les territoires. Ainsi, les MRC rurales en régions éloignées ont vu diminuer leur population de 2,7 % entre 1991 et 2006. Toutefois, ce taux de décroissance est beaucoup plus faible que celui observé entre 1981 et 1991 (7,4 %).

Les abords des villes
Certains pourront s’inquiéter de voir une très forte croissance des territoires aux abords des villes, dans la portion rurale des MRC situées en périphérie des régions métropolitaines (35,8 %) et dans les portions rurales des MRC ayant une agglomération urbaine (12,9 %). Certes, les villes attirent de plus en plus de Québécois aux abords de leurs banlieues, mais ces territoires situés sur leurs périphéries sont encore caractérisés par les aspects qui définissent la ruralité. Ceux-ci exercent leur attraction sur les ruraux et néo-ruraux en faisant miroiter un cadre de vie qui fait défaut aux grandes villes.

Du côté des municipalités
En début d’année 2011, le site Internet d’un grand journal publiait un article de La Presse Canadienne intitulé « Les villages se vident et les villes moyennes croissent ». Un titre clair, qui en dit long. Mais qu’est-il juste? En effet, au cours des dix dernières années, soit entre 2000 et 2010, les municipalités comptant entre 50 000 et 100 000 habitants ont connu la plus forte croissance (11,7 %) de toutes les classes de municipalités étudiées par l’Institut de la statistique du Québec, tandis que les villages de moins de 1 000 habitants ont affiché la seule baisse démographique (-0,2 %). Outre ces faits, la situation est bien plus positive que l’on pourrait le croire à première vue pour les milieux ruraux. À preuve, les villages ayant entre 1 000 et 4 999 habitants ont vu augmenter leur population de 3,1 % pendant que dans les municipalités comptant entre 5 000 et 9 000 habitants, le taux de croissance a atteint 10,8 %, soit seulement 0,9 point de pourcentage de moins que les villes moyennes.

Enfin, il est pertinent de signaler qu’en nombre absolu, parmi les 625 municipalités de moins de 1 000 habitants, 150 ont connu une croissance de leur population. Les 475 villages restants ont perdu en tout 654 habitants, ce qui équivaut à 1,4 personne par village.

Une première en 10 ans
Pour la première fois en 10 ans, le solde migratoire interrégional de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine s’est révélé positif en 2009-2010, et ce, contrairement aux autres régions administratives éloignées. Toutefois, ces dernières peuvent se réjouir puisque leurs taux nets de migration interrégionale respectifs sont les moins négatifs qu’elles ont enregistrés depuis une décennie. Dans le cas de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, le gain de population s’est fait à la faveur de jeunes âgés de 25 à 34 ans, mais aussi des personnes âgées de 45 à 64 ans. Cette tendance de la migration des gens de ce groupe d’âge avait déjà commencé à poindre il y a quelques années. En effet, entre 1995 à 2005, les statistiques indiquaient que la migration des 55-65 ans avait légèrement profité aux milieux ruraux et aux petites municipalités

Du côté de l’économie

L’économie des milieux ruraux, à l’instar de celle des milieux urbains, n’est pas à l’abri des crises et des aléas de la mondialisation. Plusieurs régions et secteurs d’activités ont été gravement touchés au cours des dernières années. L’on pense notamment aux entreprises forestières, mais aussi aux entreprises. Malgré tout, le taux de croissance annuel moyen de l’emploi en milieu rural (1 %) a été supérieur à celui de l’urbain (0,7 %) entre 1991 et 2006. Dans les municipalités rurales situées en périphérie d’un centre urbain, ce taux a même atteint 1,7 %, c’est-à-dire le double du taux observé pour l’ensemble du Québec. Pour information, la part du secteur secondaire dans l’emploi total en milieu rural atteint 25 % en 2006 contre 18 % en milieu urbain.

En matière de croissance du produit intérieur brut (PIB), toujours pour la période allant de 1991 à 2006, les milieux ruraux (3 %) ont également surpassé les milieux urbains (2,3 %), de même que l’ensemble du Québec (2,4 %). Encore une fois, ce sont les MRC comprenant au moins une agglomération urbaine et celles situées dans un territoire métropolitain qui ont affiché la plus forte croissance, soit 3,6 %, contre 2,6 % pour les territoires essentiellement ruraux. Ce taux est loin d’être une contre-performance puisqu’il est tout de même plus élevé que celui des territoires urbains et de l’ensemble du Québec.

Conséquence de cette augmentation rapide, la part du PIB rural à l’ensemble du PIB national est passée de 18,2 % en 1991 à 19,6 % en 2006. La contribution des milieux ruraux à l’économie québécoise n’est donc plus à discuter. D’autant plus que chaque dollar de PIB provenant du monde rural contribue à hauteur de 1,48 dollar dans l’économie de l’ensemble du Québec.

Et dans les poches des citoyens?
En 2005, les ménages ruraux bénéficiaient d’un revenu moyen inférieur de 8,8 % à la moyenne québécoise et de 11,5 % à la moyenne des ménages urbains. Toutefois, les ménages en milieu rural ont vu leur revenu moyen croître plus rapidement entre 1998 et 2005 que les ménages des villes ou de l’ensemble du Québec, soit de 18,8 %, comparativement à 13 % en milieu urbain et de 14,2 % au Québec.

Les ménages provenant des MRC essentiellement rurales accusent un écart plus important (12,3 %) par rapport à la moyenne nationale – 10,2 % pour les régions centrales et 15,4 % pour les régions éloignées – que ceux provenant de MRC comptant une agglomération urbaine (4 %). Enfin, fait intéressant, les ménages ruraux appartenant aux MRC en régions métropolitaines bénéficient quant à eux d’un revenu moyen supérieur à la moyenne québécoise de 10,7 %.

Finalement, deux décennies plus tard

Sans contredit, ces quelques statistiques démontrent hors de tout doute que depuis la tenue des États généraux du monde rural en 1991, les milieux ruraux québécois ont connu un rattrapage important tant en ce qui concerne le PIB, l’emploi, que le revenu moyen des ménages. Bien que probants, ces résultats ne justifient pas de s’endormir sur nos lauriers; des écarts demeurent néanmoins et les efforts à fournir par tout un chacun, quelles que soient l’échelle et la provenance, devront demeurer soutenus pour les réduire encore. Malgré tout, à l’aube d’une nouvelle décennie de mobilisation du monde rural, nous avons de quoi tous célébrer!
 

Source :

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TÉMOIGNAGES

Ce qu’ils ont dit

Par Caroline De Hamel,
cdehamel@solidarite-rurale.qc.ca

Nous avons interpellé différentes personnes qui ont été témoins ou ont joué un rôle dans l’évolution du monde rural depuis les vingt dernières années. Pour les orienter dans leur contribution, nous leur avons posé deux questions :

  1. Spontanément, comment voyez-vous la ruralité d’aujourd’hui (20 ans plus tard)? C’est-à-dire, quels sont les changements les plus marquants selon vous ?
  2. Selon vous, quel est le principal apport de Solidarité rurale du Québec à la ruralité?

Voici donc leur témoignage :

Benoît Aubé
Agent de développement rural, CLD Nicolet-Yamaska

L’histoire reconnaîtra certainement les États généraux du monde rural de 1991 et sa déclaration, ainsi que la création de Solidarité rurale du Québec qui s’en est suivie parmi les principaux actes fondateurs du Québec du 21e siècle et de son extraordinaire renouveau. Elle relatera aussi comment leur portée bénéfique s’étendit à l’ensemble du Québec, l’urbain comme le rural, du nord au sud et d’est en ouest.

Après avoir d’abord aidés à changer profondément la vision que le monde rural a de lui-même et de ses potentiels, ils ont aussi fortement contribué à démontrer l’étroite interdépendance et redéfinir profondément les rapports existants entre les différents acteurs concernés par la vitalité du Québec rural : le citoyen et sa communauté, une collectivité et ses voisines, la ville et la campagne, la population et ses institutions.

Plus admirable encore à travers ces nouveaux rapports, ces acteurs se sont aussi redonné une vision commune et inspirante du Québec. Ils ont redécouvert des valeurs partagées et construit de nouveaux repères guidés par le bien commun, la coopération et un nouvel humanisme rappelant que l’avenir et la prospérité d’une région, d’un état ou même de la planète se construisent d’abord à l’échelle d’une communauté solidaire et altruiste.

Enfin, malgré tout l’enthousiasme et la bonne volonté des partenaires au sortir des États généraux du monde rural, tout ça n’aurait certainement pas été possible sans la présence éclairante et inspirante d’une Coalition Solidarité rurale du Québec contribuant à bannir la résignation, regrouper puis décupler les forces oeuvrant au développement des communautés et surtout, grâce à sa constance à montrer qu’il y a pour elles bien peu de choses impossibles pour peu qu’elles y consacrent le temps et les efforts nécessaires.

Jerry Espada
Agent de développement rural, CLD du Haut-Saint-François

Dans les 20 dernières années, le monde rural a pris conscience qu'il pouvait lui-même bâtir son avenir sans attendre que d'autres le fassent pour lui. Mon plus bel exemple de ce constat est le suivant : alors que j'animais en janvier 2011 un groupe de jeunes 13-16 ans dans l'élaboration d'un plan de développement pour leur communauté rurale, une jeune fille fît cette conclusion quand on lui demanda ce qu'elle avait retenu de l'exercice : « Si tu veux quelque chose, ne compte pas sur les autres ».

SRQ a certainement été un des grands acteurs dans cette prise de conscience sous l'influence d'un Jacques Proulx qui fût très inspirant pour tous. SRQ a démontré que TOUT était possible et a donné l'espoir d'un avenir meilleur pour une ruralité plurielle dépassant ainsi l'étiquette de la monoéconomie strictement basée sur l'agriculture.

Lionel Arsenault
Agent de développement rural, CLD Des Chenaux

1) La ruralité aujourd'hui est plus « désirable ». Du moins, beaucoup plus qu'en 1991. Elle est devenue un lieu où se réalisent de plus en plus de beaux rêves : fonder une famille, vivre une retraite riche et active, démarrer une entreprise, créer la culture que ce soit le vin ou la sculpture.
2) Solidarité rurale du Québec, véritable mortier du Québec rural qui lie et solidifie la nécessaire coalition des organismes leaders du développement rural québécois. Elle a provoqué des changements économiques, sociaux et culturels déterminants pour l'avenir du Québec. Catalyseur du développement aussi par le réseau de réseaux qu'elle mobilise pour la production et le partage de savoir.

Henri-Paul Proulx
Secrétaire général de Solidarité rurale du Québec de 1991 à 1996

Je pense que depuis la tenue des États généraux, le monde rural québécois a commencé sérieusement à se redéfinir et à se dynamiser. Se redéfinir dans la mesure où l'on passe de plus en plus d'un monde rural pratiquement équivalent à l'agriculture, à un monde rural plus diversifié dans ses activités et dans sa population. Se dynamiser dans la mesure où dans de nombreux secteurs ruraux du Québec, le mouvement de déclin de la population est renversé. De nouveaux leaders émergent, des projets originaux sont réalisés dans plusieurs domaines, des jeunes reviennent à la campagne. Le monde rural devient plus vivant et plus attrayant.

Je pense que Solidarité rurale a été la bougie d'allumage et le grand animateur de ce mouvement. L'exceptionnelle mobilisation de leaders et d'animateurs locaux, régionaux et nationaux autour des thèmes de développement et de territoire a permis que ce mouvement prenne forme. Le charisme de ses deux principaux dirigeants, M. Proulx bien sûr d'abord et Mme Bolduc maintenant, la qualité de ses interventions publiques, et certainement aussi le travail d'animation sur le terrain expliquent sans doute les succès obtenus.

Claude Lafleur
Chef de la direction, La Coop fédérée

Vingt ans après? La campagne est encore belle au Québec. Mais elle est moins sereine et moins sûre d’elle. Il y a cette anxiété qui trouble le fonds de l’air. Ces nombreuses terres de l’Abitibi, de l’Outaouais, de Charlevoix, qui servent encore de toile de fond au paysage, mais dont on se sait plus quoi faire et qui seront progressivement laissées à l’abandon faute d’agriculteurs. Il y a aussi ces maisons manoirs construites autour des plus beaux villages du Québec qui préfèrent tellement l’odeur des clubs de golf à celle de la terre. Je ne sais pas. Je doute…

Claude Marchesseault
Ancien membre du Conseil d’administration de SRQ

UNE COALITION INSPIRANTE ET PROFITABLE POUR TOUS
Quel moment privilégié que celui du 20e anniversaire de Solidarité rurale du Québec, pour témoigner haut et fort que tout au long des deux dernières décennies, que la coalition née et inspirée de la Déclaration du monde rural fut et est toujours inspirante et profitable à tous.

L’expertise et le savoir-faire de près de 30 chefs de file représentant l’éventail le plus vaste jamais rassemblé pour la cause rurale témoignaient un intérêt nouveau à tout mettre en place dans leur secteur respectif des orientations et des actions s’inspirant du modèle de développement du milieu rural élaboré lors du rendez-vous historique de fin 1991 à Trois-Rivières.

Vingt ans plus tard, je suis fier de témoigner toute mon admiration à ces bâtisseurs de 1991 et à leurs successeurs pour cette détermination à œuvrer à l’atteinte des objectifs de la mission élaborée lors de cette grande réflexion sur le développement du monde rural.

Depuis cette date, les Conférences nationales, la Foire des villages organisée par SRQ, l’animation assurée localement par les agents de développement du monde rural, etc., ont illustré la vigueur du monde rural à modeler leur propre développement et ainsi contribuer à la mise en valeur de ce patrimoine que constitue le milieu rural du Québec.

Le constat positif d’aujourd’hui, nous le devons en partie à la solidarité des partenaires qui a donné naissance à cette coalition ainsi qu’à la qualité de l’engagement des intervenants nationaux, régionaux et locaux.

Ce geste de solidarité exprimé à la mission depuis plus de 20 ans a certainement influencé les politiciens à doter le Québec d’aujourd’hui d’une Politique nationale de la ruralité dont nous sommes tous fiers.

Les défis des années à venir étant vastes et exigeants, j’ose croire que les autorités gouvernementales assureront une écoute et une présence vigilante et stimulante aux leaders du monde rural de demain.

Bernard Vachon, Ph.D.
Professeur à la retraite du département de géographie de l’UQAM

Quatre événements majeurs ont marqué l'évolution du Québec rural au cours des 20 dernières années : 1. Les États généraux du monde rural (février 1991), 2. La création de la coalition Solidarité rurale du Québec (juin 1991), 3. L'adoption de la Politique nationale de la ruralité (décembre 2001), 4. Le renouvellement de la Politique nationale de la ruralité (décembre 2006). Autant d'événements qui ont contribué à faire reconnaître le monde rural comme partenaire à part entière de la société québécoise et à revaloriser sa différence.

Tout ce riche parcours a été dominé par une personne : Jacques Proulx, président fondateur de Solidarité rurale du Québec. Homme de vision aux convictions bien ancrées et à la combativité tenace, il ne s'est jamais résigné à la fatalité du déclin rural, adhérant plutôt au projet d'une ruralité nouvelle de plain-pied dans la modernité. Entouré de collaborateurs novateurs, il a défendu les caractéristiques et les conditions d'émergence de cette ruralité nouvelle. Sur le terrain, son projet était porté par les agents de développement rural, mobilisant les forces des communautés rurales. Ils sont aujourd'hui 136 à concrétiser avec autant de ferveur et de ténacité le rêve de Jacques Proulx.

En 2011, le Québec rural jouit d'une fierté retrouvée qui fait aussi la fierté... et l'envie des citadins. Merci Jacques et longue vie à Solidarité rurale du Québec.

Christopher Bryant
Professeur au département de Géographie, Université de Montréal

1) Le changement le plus marquant est que la ruralité au Québec aujourd'hui est reconnue aujourd'hui comme un ensemble de territoires hétérogènes, dont un nombre de plus en plus important sont marqués par un dynamisme créé par leurs acteurs et leurs populations locales.
2) L'apport principal de SRQ a été de représenter de façon réaliste et constructive la ruralité constamment auprès des acteurs gouvernementaux provinciaux et aussi auprès de la population par ses nombreux évènements.

Diane Parent
Vice-rectorat à la recherche et à la création, Université Laval

1) La ruralité aujourd'hui c'est.... de Léonard Otis à Fred Pellerin : un cadre de vie avec des racines et des ailes, qui, pour respirer, demande protection, créativité et reconnaissance.
2) Solidarité rurale c'est.... un porte-voix crédible de la ruralité, de plus en plus nécessaire dans le brouhaha ambiant!

Bernard Landry
Ancien premier ministre, signataire de la première Politique nationale de la ruralité

Dans mon village natal, les mots « Solidarité » et « rurale » étaient indissociables. Il y avait des coopératives pour le beurre, le tabac, la meunerie et une caisse populaire. Les assurances étaient mutuelles et des « cercles agricoles » géraient la machinerie coûteuse.

Puis le Québec s'urbanisa massivement. Une nouvelle solidarité rurale plus vaste devint nécessaire. Jacques Proulx l'a bien compris et l'a fait naître. Pour occuper le territoire, garder la richesse et le charme de notre beau pays, le monde rural devait être appuyé. La Politique nationale de la ruralité devint une judicieuse action de solidarité nationale. Sans son formidable univers rural, le Québec serait beaucoup moins attachant.

Jean-Paul L'Allier
Ancien Maire de la Ville de Québec

J'ai vécu à Ste-Scholastique toute ma jeunesse jusqu'à l'université.
Je suis imprégné des valeurs que « ma » ruralité m'a données et ce sont celles qui ont encadré ma vie personnelle et ma vie politique, au gouvernement du Québec pendant 7 ans et à la mairie de Québec pendant 16 ans.

Je veux en témoigner.

Les racines du Québec sont encore là, dans la ruralité, porteuses de nos valeurs de vie, sources de détermination, de conviction et de fierté.

La solidarité est une force essentielle, dans le village et dans la ruralité. Quand on voit des reportages télévisés sur les succès de ceux et celles qui travaillent à leur entreprise, tenaces, fiers et exemplaires de compétence, on partage cette fierté et on se souvient et on perçoit mieux que jamais que cette fierté commande à son tour notre solidarité dans la vision, la mobilisation des ressources et dans l'action, chacun dans son domaine.

Villes ou régions, administrations publiques et entreprises privées y trouvent et retrouvent les chemins du succès de notre société, au fil des ans.

Le repli fait place à l'ouverture; la culture y a sa place, sans complexe et la vie économique y trouve sa forme originale, propre à chaque région, toujours rude et exigeante de courage, de patience et de ténacité.

Je suis aussi frappé par l'énergie des jeunes, déterminés et ambitieux, prêts à des efforts impressionnants pour y trouver un équilibre de vie : La ruralité est en train de redevenir un choix difficile certes, fatiguant aussi, mais porteur d'avenir pour ceux et celles qui l'assument pour notre plus grand bien. Ce sont les constats que j’ai faits, au cours des dernières années et dans toutes les régions que j’ai appris à mieux comprendre.

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BREVES

Des nouvelles de la Nouvelle-Écosse rurale

Mélina Morin,
mmorin@solidarite-rurale.qc.ca

Il n’y a pas qu’au Québec que la ruralité se démène, au contraire. En novembre dernier, le Coastal Community Nerwork (CCN) de la Nouvelle-Écosse tenait un forum sur les politiques rurales à Tatamagouche, aux abords du détroit de Northumberland. Caire Bolduc, y a présenté les enjeux du Québec rural, le travail de la coalition ainsi que les dossiers en cours. De leur côté, les Néo-écossais nous ont sensibilisés sur les défis économiques qu’ils devaient relever suite aux annonces économiques gouvernementales. Aussi, la place des femmes dans le développement, la reconversion des économies locales notamment celle des communautés de pêcheurs, l’exode rural et la concertation entre les cinq communautés fondatrices (Anglophone, Gaélique, Micmac, Acadienne et Néo-écossaise d’origine africaine) sont des préoccupations importantes. Cette visite a enfin été l’occasion pour trois organisations provinciales en développement rural, SRQ, le CCN et le Rural Ontario Institute, d’échanger sur leurs pratiques et d’entrevoir des actions communes à venir. La ruralité canadienne n’a qu’à bien se tenir...
 

Forum sur la représentation électorale, 11 février 2011

Par Caroline Jacob,
cjacob@solidarite-rurale.qc.ca

Organisé par Solidarité rurale du Québec, ce forum se voulait un lieu de réflexions et d’échanges sur la réforme du système électoral dans la foulée de l’annonce par le gouvernement de suspendre le processus d’adoption de la nouvelle carte électorale jusqu’en juin 2011. Des panels d’élus, d’experts de la question électorale et de représentants de la société civile ont été invités à faire connaître leurs opinions et positions. Les participants ont pu, à la lumière de leurs explications, débattre sur des questions soumises par Solidarité rurale lors d’un atelier de discussion. Le fruit de ces débats a été présenté en plénière.

Le forum sur la représentation électorale était animé par Jean Dussault. Il s’adressait à tous ceux et celles qui veulent contribuer à l’élaboration de solutions applicables pouvant améliorer la représentation électorale. En tout, 80 personnes ont participé à ce forum. Parmi elles, on dénombrait plusieurs élus provenant de plusieurs régions du Québec ainsi que des représentants de CRÉ, de MRC, des députés, des acteurs du développement régional et des citoyens engagés.

La synthèse des discussions est disponible dans les Actes de la section Publications de notre site Internet : www.ruralite.qc.ca/fr/dossiers-ruraux/Acte/Synthese-du-forum-sur-la-representation-electorale

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AGENDA

1er mars 2011 (C. Bolduc)
St-Victoire-de-Sorel, Cocktail-bénéfice Consultation des municipalités rurales, MRC Pierre-de-Saurel (allocution).

3 mars 2011 (C. Bolduc)
Saint-Narcisse, Conférence « Vingt ans de mobilisation et d’actions » de la SSJB.

10 mars 2011 (C. Bolduc, C. Ferdous)
Québec, Rencontre des partenaires de la ruralité.

15 mars 2011 (C. Ferdous)
Wendake, Colloque des Premières Nations sur le développement durable.

19 mars 2011 (C. Bolduc)
Longueuil, Sommet sur le milieu municipal de l’UMQ.

22 mars 2011 (C. Bolduc)
Québec, Rencontre du Groupe de travail sur les communautés rurales branchées.

26 mars 2011 (C. Bolduc)
Darmouth, Nouvelle-Écosse, Conférence à la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse.

6 avril 2011 (C. Bolduc, A. Drouin, C. Ferdous, et toute l’équipe SRQ)
Bécancour, Conseil d’administration et Assemblée générale annuelle.

7 avril 2011 (C. Bolduc)
Saint-Stanislas, Conférence à l’Association québécoise de défense des droits de personnes retraitées et préretraitées.

11 avril 2011 (C. Bolduc)
Ville-Marie, Conférence de presse du ministre Pierre Corbeil (MAPAQ).

14 avril 2011 (C. Bolduc, C. Ferdous)
Québec, Rencontre des partenaires de la ruralité.

21 avril 2011 (C. Bolduc)
Montréal, Rencontre du Groupe de référence des Rendez-vous de l’énergie

26 avril 2011 (C. Bolduc)
St-Michel-des-Saints, Allocution sur la démarche sur l’occupation du territoire – ses enjeux et les recommandations qui ont été déposées au Gouvernement du Québec

29 avril 2011 (C. Bolduc, A. Drouin, C. Ferdous, C. Jacob)
Nicolet, Comité exécutif de SRQ.

30 avril 2011 (C. Bolduc)
Drummondville, Conférence portant sur les 20 ans de la ruralité et de SRQ à l’AGA de la SSJBCQ.

16 au 21 mai (Toute l’équipe)
Montréal, Ruralia.

26 mai 2011 (C. Bolduc)
Montréal, Congrès Fédération des commissions scolaires du Québec.

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