Novembre-Décembre 2014, vol. 23, no 7

Cette édition du Québec rural sera la dernière produite par l’équipe de Solidarité rurale du Québec

Éditorial
Mot du secrétaire général
Dossier spécial : statistiques sur la ruralité
Ailleurs dans le monde
Brèves
Agenda

EDITORIAL

S’opposer, s’affirmer, proposer!

par Claire Bolduc,
presidente@solidarite-rurale.qc.ca

Ça y est! On est dedans. À l’intérieur de ce tsunami annoncé. Au moment d’écrire ces lignes, on sait que les conseils d’administration de nos centres de santé et services sociaux seront bientôt abolis, peut-être sous le bâillon. Les conférences régionales des élus sont abolies. Les MRC cherchent comment maintenir leur CLD, ou choisissent de l’abolir. Les commissions scolaires étudient un scénario qui supprime la moitié d’entre elles. Des ministères régionaux sont abolis et des directions régionales fusionnées. Les CJE ont reçu la confirmation qu’ils auront désormais un financement à la pièce, selon les référencements d’Emploi-Québec, plutôt qu’à la mission. Alors que l’intervention à la tête de pipe n’a jamais été à l’avantage des milieux ruraux… On apprend que les postes des agents Villes et villages d’art et de patrimoine ne seront plus soutenus par l’État. Que les subventions à la route verte sont abolies. Au 31 mars 2015, les MRC ne seront plus tenues de respecter le mandat des agents de développement rural. Les sommes allouées pour ces postes stratégiques pour la mise en œuvre de la PNR pourront être affectées à d'autres professionnels. Dès 2016, ces sommes ainsi que les Pactes ruraux, feront partie d’une enveloppe globale associée au Pacte fiscal et les MRC pourront en disposer selon les priorités qu'elles auront établies sur les différents territoires du Québec. Aussi bien dire que la Politique nationale de la ruralité n’existe plus. Et… Solidarité rurale du Québec perd son mandat d’instance-conseil.
Mais que peut-on faire?

D’abord s’opposer. Refuser le mensonge, refuser l’inacceptable.
Il y a des choses qui sont inacceptables, il y en a d’autres qui soulèvent de sérieuses questions dans ce qu’impose le gouvernement. Il y a aussi beaucoup de désinformation. Relevons d’abord que l’austérité ne nécessitait aucunement l’abolition des structures en place. Réfléchir nos façons de faire ne veut pas dire tout détruire. Et qu’ont donc en commun la réforme de la santé et celle du développement? Éliminer la participation de la société civile et des acteurs du développement des tables de décision d’abord, détruire les lieux de concertation et de dialogue établis ensuite. Ces choix ne sont donc pas financiers. Alors à quoi servent-ils? Pourquoi?

L’abolition des CRÉ et des CLD au profit des MRC, pose d’énormes questions. En rencontre, le ministre nous a informés de sa volonté de passer d’une relation de gouvernement à groupes de pression, en ciblant les deux unions municipales, à une relation de gouvernement à gouvernement, d’où la nécessité de « purifier », simplifier les échanges avec elles. D’où encore la nécessité d’abolir les autres organisations porteuses de visions de développement que sont les CRÉ, que sont les CLD, qu’est Solidarité rurale du Québec.

Soyons clairs : en dehors de ces deux unions et leurs représentants, personne ne pourra s’adresser au ministre; ils seront ses uniques interlocuteurs. Est-ce que c’est ce que nous voulons?

S’opposer, c’est aussi refuser qu’on détourne le sens des mots lorsque l’on parle de décentralisation. On ne transfère pas des pouvoirs de l’État vers les MRC présentement. On prend plutôt des pouvoirs déjà présents sur les territoires pour les centraliser aux mains des MRC, sans fixer désormais aucun cadre, et on les oblige à faire des choix permanents sur une situation temporaire, avec des finances précaires. Ils choisiront « le moindre mal » sur des questions majeures. Et tout ça, pour l’année 2015 seulement… Après? Qui sait?? Rappelons-nous au passage que les investissements économiques ne devraient jamais servir les intérêts électifs1. La disparition des CLD n’ouvre-t-elle pas cette possibilité?

À Solidarité rurale, nous avons toujours soutenu que l’État central a un rôle majeur dans notre société : celui d’établir une vision, de préciser les orientations, de fixer les objectifs, de déterminer la taille de la patinoire et les règles du jeu en somme. Si les milieux ruraux ont toujours milité pour qu’on leur laisse le choix des moyens, pour que l’on module l’action selon les milieux, jamais au grand jamais ils n’ont plaidé pour que l’État renonce à son rôle essentiel de porteur de vision nationale, comme il le faisait à travers la Politique nationale de la ruralité par exemple. Or, c’est à ce niveau qu’est le désengagement. Une fois encore, pourquoi ce choix?

Et parlons un peu de ces coupures financières. Des coupes qui, additionnées les unes aux autres, nous priveront de dizaines de professionnels, pour la plupart jeunes, diplômés universitaires, bourrés d’expertise et d’enthousiasme, ces jeunes, précisément, que nous avons mis des années à ramener dans nos campagnes. Que feront-ils dans un an, dans deux ans? En Gaspésie, sur la Côte-Nord, en Abitbi-Témiscamingue... Seront-ils encore là, à dynamiser nos milieux par leur engagement? Poser la question, il me semble, c’est y répondre. Comment peut-on accepter cela?

Ensuite, s’affirmer. Dire ce que nous sommes.

Le Québec est hétérogène. Oui, les villes sont importantes, mais les régions le sont tout autant! Selon le Conference Board, avec 25 % de la population, le monde rural contribue à hauteur de 30 % du PIB du Québec2.

La dynamique de développement rural est très différente de l’urbaine. Si en ville, on peut compter sur le privé pour s’occuper de tout, du Festival Juste pour rire en passant par la desserte d’Internet haute vitesse, en milieu rural, les gens ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Et ce « eux-mêmes », s’incarne dans les CRÉ, les CLD. En asseyant ensemble les élus, les acteurs du développement que sont les entrepreneurs, mais aussi les jeunes, les gens de la forêt, de la culture, etc., on en est arrivé en ruralité à cerner les actions à entreprendre pour assurer la vitalité de nos milieux, de la région, et à se mettre en action pour développer notre territoire, à hauteur de MRC, avec les CLD, et à hauteur de région avec les CRÉ. Ce sont donc des outils de développement collectif particulièrement précieux en milieu rural. Des outils payants3. Des outils souples. Voilà pourquoi les CRÉ porteront tantôt le dossier du transport collectif, comme celle de la Gaspésie, tantôt celle de l’attraction de main-d’œuvre, comme celle de l’Abitibi-Témiscamingue, qui doit gérer un boom économique lié au secteur minier.

La différence rurale, c’est aussi, même si nous avons fait énormément de chemin depuis 1991, des milieux différents socioéconomiquement parlant. Les milieux ruraux sont, de par leur nature, plus fragiles que les autres. À titre d’exemple, 21 % de la population urbaine a un diplôme universitaire. En ruralité, c’est 9,8 %. Bien sûr que la structure économique est différente, mais il reste que les milieux ruraux ont cruellement besoin de l’expertise qui se trouve dans les organisations de développement comme de celle que l’on retrouve dans les commissions scolaires et dans le milieu de la santé et des services sociaux. C’est sur ces prémisses fondamentales de différence, de droit à la prospérité à même cette différence, que se sont organisées les outils de développement depuis plus de 30 ans.

Et c’est ce qu’on balaie aujourd’hui du revers de la main. Un instant!

Finalement… proposer.

Affirmons haut et fort qu’il y a des principes qui doivent continuer de s’incarner dans ce nouveau modèle que nous impose le gouvernement :

  • La valorisation de la personne dans son milieu de vie;
  • La diversité des opinions et le dialogue;
  • Les différences entre les régions;
  • Le respect et la promotion des valeurs régionales et locales;
  • La prise en charge, par le milieu, de son avenir;
  • L’équilibre dans le partage du pouvoir et l'équité économique;
  • La diversification de la base économique régionale;
  • La concertation des partenaires locaux et régionaux;
  • Le droit des Québécoises et des Québécois à habiter et vivre dans leur région.

Rappelons aussi à nos gouvernants qu’en démocratie, on aspire toujours à l’égalité des chances… On doit, au Québec, reconnaître qu’il existe DES ruralités, et qu’elles n’ont pas toutes les mêmes chances. Sur ces bases, peut-on, après des années de vœux pieux, s’entendre sur le fait qu’il existe des MRC et des régions périphériques, d’autres centrales, d’autres urbaines, et établir des façons de faire, tant au niveau de la gouvernance que des outils de développement, différenciés pour chaque type de territoire?

Mais d’abord, d’abord…

Il faut refuser de se laisser endormir par les beaux discours et les promesses de politiciens. Il faut se parler, à hauteur des territoires de MRC, à hauteur de région. Il faut se parler, se dire nos quatre vérités. Débattre pour savoir si on doit accepter ou refuser ce que nos gouvernants cherchent à nous imposer. Se demander si on pourra encore assurer le développement de nos régions avec ce qui restera sur nos territoires après le tsunami, si on est prêts à renoncer à trente ans de batailles pour avoir une prise collective sur notre avenir. Et décider si on est prêts à se mobiliser, à parler d’une seule et même voix, à se battre, encore une fois… Et agir! Pour nous! Parce qu’une fois de plus, on n’aura pas eu de cadeaux, on aura gagné à force de bataille chaque parcelle d’outil pour notre développement, pour nos milieux!!

Tant vaut le village, tant vaut le pays.

1 http://argent.canoe.ca/nouvelles/investissement-quebec-jette-largent-par...

2http://www.mamrot.gouv.qc.ca/pub/developpement_regional/ruralite/groupes_travail/etude_conferenceboard.pdf

3http://www.lapresse.ca/la-tribune/opinions/201411/23/01-4821668-les-cld-un-investissement-payant.php?

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MOT DU SECRETAIRE

Par Christian Thivierge
cthivierge@solidarite-rurale.qc.ca

Après à peine plus d’un an dans mon poste de secrétaire général de Solidarité rurale du Québec, je reprends le clavier pour vous dire au revoir.

Après avoir bien compris les enjeux de la coalition et avoir développé une vision claire de la destination que je proposais pour Solidarité rurale, un lieu de concertation et un espace de partenariat où les corporations intéressées pourraient contribuer au développement d’une réflexion pragmatique et d’outils pour nos communautés rurales, nous devons fermer les lumières du bureau de la rue Notre-Dame à Nicolet, tout près de Trois-Rivières.

Je n’éprouve aucune fierté à commettre ces gestes. Comme je n’ai pas ressenti de joie en annonçant aux employés la fin de leur emploi au sein de l’équipe. Comme aucun employé n’éprouve du plaisir présentement à liquider les documents, faire l’inventaire des meubles, ressasser des souvenirs de 22 ans d’activités.

Nous sommes des centaines au Québec à vivre cette situation. Le gouvernement de la province de Québec procède à un grand ménage de nos façons de faire et de nos institutions collectives. Il en a le droit. Il fut démocratiquement élu. Par contre, il y a la manière.

Au Québec, nous sommes accueillants. Généralement bien élevé. On n’arrive pas les mains vides en visites chez des amis ou dans la famille. On se pile dessus un peu pour éviter de déplaire aux autres.

Lorsque je suis arrivé en poste en septembre 2013, je vous disant que j’étais fier de venir offrir mon humble contribution à la chose collective. Et bien là, ce gouvernement avec ses façons de faire ne me donne plus le goût de contribuer au collectif. Par son attitude déplaisante, il me donne le goût de lui tourner le dos. Avec l’utilisation mensongère des faits, il me donne le goût de ne plus collaborer avec lui. On dirait que ce gouvernement n’est pas le mien. Qu’il ne me représente pas. Comme celui à Ottawa.

Dommage.

Nous fermons les lumières du bureau de la rue Notre-Dame. Martine (11 ans de travail au sein de SRQ), Cynthia (7 ans), Caroline (6 ans), Carole (8 ans), Line (5 ans), Amélie (2 ans), Anne (1 an) et Christian (1 an) quittent le bureau. Ils deviennent des membres de la coalition. Je vous invite à faire de même. Pour nous aider collectivement à ne pas tourner le dos à la chose publique. Pour bâtir ensemble et pour incarner ce Québec que nous désirons.

Des mots, des paroles et des rêves.

Honnêtement, je nous souhaite collectivement bonne chance. L’hiver sera long. Je sais par contre que brule dans mon village depuis 1667 un beau feu de foyer. On n’efface pas la ruralité en faisant des coupures. La ruralité fait partie de notre identité québécoise.

Je vous souhaite une bonne route.

 

La transition énergétique de l’économie québécoise : un outil de développement de nos collectivités

Par Christian Thivierge
cthivierge@solidarite-rurale.qc.ca

Lors d’un forum organisé dans le cadre du Sommet international des coopératives tenu à Québec du 6 au 9 octobre, j’ai eu l’opportunité d’assister à des présentations portant sur la transition énergétique du Québec de messieurs Robert Laplante, directeur de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), François L’Italien, chercheur à l’IREC, et Normand Mousseau, professeur à Université de Montréal et co-président de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec. 

Selon M. Laplante la réduction de notre dépendance au pétrole ne signifie pas que nous devons nous débarrasser du pétrole, mais plutôt utiliser différemment cette ressource non renouvelable. Présentant des éléments du rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec1, M. Mousseau a affirmé que le Québec est privilégié de pouvoir compter sur plus de 47 % d’énergie renouvelable. Certains États avancés dans leur transition énergétique comptent encore sur une faible proportion d’énergie renouvelable, comme l’Allemagne qui utilise approximativement 10 % d’énergies vertes. Au Québec, les 53 % d’énergie fossile sont principalement utilisés pour le transport et le chauffage.

Dans un contexte où l’on réfléchit à la dynamisation de notre économie, selon M. Mousseau, le Québec gagnerait peu d’investir massivement dans l’électrification des véhicules, car la majeure partie de ces investissements servirait à acquérir des biens (dont des véhicules) fabriqués à l’extérieur du Québec. Afin de viser une réduction du pétrole dans le transport (secteur qui utilise 29 % de l’énergie totale au Québec), les solutions sont davantage du côté du développement du transport collectif et de l’aménagement du territoire. Une planification plus rigoureuse du développement territoriale éviterait, selon le rapport de la Commission, d’énormes dépenses d’énergie. Afin de permettre cela, la loi sur l’aménagement et l’urbanisme devrait être revue afin de faire payer aux utilisateurs les coûts réels de l’étalement urbain.

Selon les panélistes, la transition ne sera possible qu’en s’appuyant sur une mobilisation sociale et technique. Plusieurs exemples et applications démontrent le sérieux des différentes options de transition. Nous devons maintenant passer de la phase des projets pilotes à des applications collectives à plus grandes échelles afin de poursuivre la mise en place d’une culture du succès et offrir des exemples de réussites aux Québécois.

M. L’Italien a rappelé que la structure actuelle de l’économie est aussi une construction des rapports sociaux de la propriété. Tenter d’agir sur la structure de l’économie, c’est aborder des notions conflictuelles et politiques du choix d’un modèle de développement. L’exploitation des économies alternatives est principalement basée sur un modèle d’exploitation des filières par l’entreprise privée. Par exemple, les premiers appels de projets éoliens ne laissaient pas de place aux collectivités, ce qui a permis de créer le plus grand parc éolien dans le Nord-est américain, près du lac Alfred en Matapédia, administré par deux entreprises étrangères (Enbridge et EDF). 

D’autres modèles qui évitent la scission entre le capital et le territoire sont possibles au Québec et ces modèles d’affaires ont déjà largement fait leurs preuves. Les entreprises coopératives de travailleurs et de solidarité notamment sont des exemples d’entreprises enracinées dans leur milieu qui permettent une capture dans les collectivités territoriales des rentes liée à l’exploitation des ressources naturelles ET des sources d’énergie.

Les trois panélistes ont présenté un argumentaire convainquant sur l’utilisation de la biomasse afin de remplacer nos 24 centrales thermiques québécoise. Ces centrales déconnectées du réseau d’alimentation en hydro-électricité, en plus d’être polluantes, nécessitent l’importation de pétrole et contribuent négativement à la balance commerciale du Québec. Investir dans la conversion de ces centrales aux Îles-de-la-Madeleine et sur l’île d’Anticosti permettrait de réduire nos importations de pétrole, créait des emplois dans l’extraction et la transformation de la biomasse en région et développerait notre expertise en utilisation de la biomasse pour la chauffe à une plus grande échelle tout en assurant la capture de la rente au profit des collectivités. 

Selon les panélistes, nous possédons déjà l’expertise au sein du mouvement coopératif grâce aux efforts de la Fédération des coopératives forestières et de leur entreprise Forêt-Énergie. Ainsi des dizaines de projets ont permis la mise en place de chaufferies à la biomasse dans plusieurs régions du Québec. Un important partenaire financier, le Fonds d’action CSN, est déjà prêt à investir davantage dans ce domaine. Selon M. l’Italien, la Caisse de dépôt et placement a déjà investi par le passé dans des créneaux d’avenir, comme les barrages hydro-électriques. Le chercheur de l’IREC posait la question : « pourquoi la caisse de dépôt investit-elle depuis 2008 dans les opérations des sables bitumeux au lieu de le faire dans les projets de biomasse au Québec? » L'IRÉC soutenait dans une étude en 2012 2 que les placements directs de la Caisse dans des compagnies actives dans les sables bitumineux de l'Ouest canadien totalisaient 5,4 milliards $ en août 2012, soit 5 % des actifs. Ces investissements dans des initiatives industrielles de biomasse permettraient le positionnement d’entreprises dans des créneaux d’avenir porteur pour toute la société québécoise.

Enfin nous citons ici deux recommandations de la commission1:

  • Que le gouvernement du Québec coordonne et soutienne la création d’une véritable filière bois-énergie dans l’ensemble des régions forestières du Québec.
  • Que le gouvernement du Québec donne l’exemple en achetant des chaudières à la biomasse plutôt que des systèmes de chauffe à l‘électricité ou au gaz naturel – dans tous les projets de construction ou d’abandon du mazout, dans les régions où la biomasse forestière est disponible à des conditions concurrentielles.

Note 1 : http://consultationenergie.gouv.qc.ca/pdf/Rapport-consultation-energie.pdf
Note 2 : Se sortir la tête du sable - La contribution de la Caisse de dépôt et placement du Québec au développement des énergies fossiles au Canada, Éric Pineault et François L’Italien, IREC, février 2012

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PORTRAIT D'ICI

Différences entre l’urbain et le rural. Encore du chemin à faire?

Par Caroline Jacob
cjacob@solidarite-rurale.qc.ca  

Depuis la tenue des États généraux du monde rural en 1991, les milieux ruraux québécois ont connu un rattrapage important par rapport aux milieux urbains, en ce qui concerne beaucoup d’indicateurs, tels que le PIB, l’emploi et le revenu moyen des ménages1. Bien que la situation se soit améliorée dans bien des milieux,  il reste que des écarts demeurent toujours. Le tableau que nous vous présentons ici reprend des données tirées de l’ouvrage Comprendre le Québec rural2 que nous avons spécialement choisi pour illustrer qu’en matière de différence entre l’urbain et le rural, il reste encore du chemin à faire.

Quelques statistiques parlantes sur les différences
entre les milieux ruraux et urbains

Évolution (croissance) de la population de 1981 à 2011

Rural

14,9 %

Note : Les MRC entièrement rurales des régions ressources ont connu une décroissance de -5,75 %.

Urbain

25,9 %

Revenu d’emploi (2010)

Rural

32 574 $

Écart

15,6 %

Urbain

37 642 $

Revenu moyen des ménages ruraux (2010)

Rural

60 875 $

Écart

10,4 %

Urbain

67 962 $

Revenu moyen des ménages après impôts (2010)

Rural

51 958 $

Écart

7,5 %

Urbain

56 163 $

Niveau de scolarité –

% des 15 ans et plus, ayant un certificat, diplôme ou grade universitaire du bac. ou supérieur au bac. (2011)

Rural

9,8 %

Note : Entre 1986 et 2011, l’écart entre les ruraux et les urbains qui possèdent un diplôme universitaire s’est accru, passant de 6,2 % à 11,8 %.

Urbain

21,6 %

Structure de l’emploi dans les trois grands secteurs de l’économie (2011)

Primaire

Rural

7,7 %

Urbain

0,9 %

Secondaire

Rural

24,1 %

Urbain

16,5 %

Tertiaire

Rural

57,5 %

Urbain

74, 4 %

Évolution de la structure d’emploi du Québec rural (2001 à 2011)

Agriculture, foresterie, pêches et mines 

-14,5 %

Note : Entre 2001 et 2011

Ce sont ces deux secteurs qui ont subi les plus fortes diminutions d’emplois au Québec (-10,85 % et -9,9 %).

Fabrication, construction, services publics

-2,7 %

1 Voir l’article : « 20 ans d’évolution du monde rural. Un bref portrait statistique. »

http://www.bulletin.ruralite.qc.ca/Bulletin/edition-speciale-printemps-2...

2 JEAN, Bruno en collaboration avec Lawrence DESROSIERS et Stève DIONNE (2014), Comprendre le Québec rural, 2e édition revue et augmentée, Université du Québec à Rimouski – Chaire de recherche du Canada en développement rural – GRIDEQ – CRDT, 166 pages. Téléchargement gratuit : http://www.uqar.ca/files/developpement-rural/quebecrural2.pdf

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AILLEURS DANS LE MONDE

Des assurances collectives pour les habitants de Caumont-sur-Durance

Par Caroline De Hamel
cdehamel@solidarite-rurale.qc.ca

Voilà l’innovation tant sociale qu’économique qui ballait tous les paradigmes établis en France dans l’univers des mutuelles. Même les maires de Paris et de Bordeaux ont contacté l’adjointe au maire de la petite commune de Caumont-sur-Durance pour explorer la transférabilité de cette brillante initiative qu’elle a eue. Plus de 300 communes se sont informées sur le sujet et à l’heure actuelle une douzaine de villes ont emboîté le pas.

Le tout découle des observations de l’adjointe au maire qui remarquait l’augmentation, sans cesse croissante, des demandes d’aide liées à la santé aux instances d’aide sociale. Il faut savoir que jusqu’au tiers des Français n’adhèrent pas à une mutuelle, c’est-à-dire à une assurance collective pour soins de santé complémentaires, soit par négligence, mais souvent par manque de moyen financier. Cette statistique a comme impact direct que certains problèmes de santé, non résolus à la base, dégénèrent et coûtent ensuite beaucoup plus cher à l’État.

L’adjointe cherchait à résoudre cette problématique qu’elle côtoyait quotidiennement et du même envol souhaitait faire renaître l’esprit de solidarité dans sa commune. Elle a donc entrepris cette démarche qui dura plus d’un an en formant un comité de pilotage où l’on retrouva entre autres des personnes du corps médical, un cadre retraité, un étudiant en commerce, etc. Afin d’offrir un contrat à prix raisonnable, l’équipe s’est d’abord affairée à recenser les besoins en santé des habitants de la commune. À l’aide de ces précieuses informations, la commune a été en mesure de dénicher des contrats communs d’assurances adaptés aux besoins de ses habitants et comportant de belles garanties pour la simple somme de 47 euros par mois. Sur les 4 600 habitants, 700 personnes ont adhéré sur le champ; à ce nombre s’ajouteront tous ceux qui attendent la fin de leur contrat actuel puisqu’il s’agit d’une économie moyenne pouvant aller jusqu’à 100 euros mensuellement! Comme quoi la proximité des services développés contribue parfois au « beau, bon, pas cher ».

Source : Les mutuelles communales : des territoires aux petits soins [http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=3881#.VFI6_MnOWs0]

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BREVES

TouchePasÀMesRégions.ca

Devant les annonces de coupures dans les outils de développement régional, une plateforme Web a été mise en place afin que les citoyens puissent se joindre au mouvement et se rallier au message de mobilisation pour le développement rural. En plus de la page nationale, des pages régionales ont également été mises en ligne. Les personnes désirant se joindre aux 1693 signataires (en date du 26 novembre) et appuyer la mobilisation peuvent le faire en se rendant au : www.TouchePasAMesRegions.ca.

 

Pétition en opposition au démantèlement des instances de développement des régions

Devant les coupures dramatiques dans les organisations ayant un rôle central dans l’occupation dynamique du territoire, une pétition a été mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale afin de demander au gouvernement du Québec de cesser le démantèlement contreproductif des instances de développement des régions et de maintenir intégralement leur financement afin de préserver la prospérité de notre nation. La pétition sera en ligne jusqu’au 1er janvier 2015. Signez en grand nombre!

https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-502...

 

Devenir membre de SRQ

La poursuite des activités de la coalition sera possible grâce aux membres de la coalition. Si vous ne faites pas déjà partie de la grande famille qu’est SRQ, nous vous invitons à devenir membres en vous rendant au : http://www.ruralite.qc.ca/fr/SRQ/Membership. Nous vous invitons également à parler de la coalition autour de vous et à inviter les gens de votre entourage à joindre la coalition.  

À l’avenir, la contribution des membres permettra le maintien et la mise à jour du site Internet de la coalition et de prendre la parole lors de divers événements afin que les ruraux disposent toujours d’une voix dans l’espace public.

 

Assemblée générale extraordinaire

Une Assemblée générale extraordinaire aura lieu le 10 décembre 2014 à Trois-Rivières à la Salle Félix-Leclerc, 1001, rang Saint-Malo à partir de 9 h 30. Nous comptons sur vous pour être de cet événement qui sera déterminant pour l’avenir de Solidarité rurale du Québec. Si ce n’est déjà fait, vous pourrez, si vous le souhaitez, appuyer Solidarité rurale et devenir membre, directement sur place.

 

Du côté de SRQ

En raison des coupures annoncées, le conseil d’administration de Solidarité rurale du Québec a dû prendre la difficile décision de mettre à pied les employés de l’organisation. Cette décision sera effective le 9 décembre prochain. À compter de cette date, le bureau sera définitivement fermé. Vous pouvez voir sur notre page Facebook un portrait de chacun de nos employés.

 

Message de l’équipe de Solidarité rurale

Voilà, notre engagement auprès de Solidarité rurale du Québec se termine dans des conditions que l’on ne souhaiterait pas à nos pires ennemis, à quelques semaines de Noël, avec deux semaines de préavis. Vous nous connaissez, dans cette tourmente, nous gardons malgré tout le moral, et nous nous inquiétons beaucoup plus pour la grande famille du développement et pour l’avenir de la Coalition que pour nous-mêmes.

Avant de partir, nous tenions à ce que vous sachiez combien nous nous sommes sentis privilégiés de travailler à vos côtés. Développeurs, agents, élus, citoyens engagés, chercheurs, penseurs, ruraux, rurales, régionalistes et ruralistes… si vous saviez combien de fois nous avons été impressionnés par votre ingéniosité, par votre résilience, par votre passion. Suivant votre exemple, nous nous refusons à nous laisser abattre, même si tout nous y appelle.

Nous avons fait de notre mieux, comme équipe, pour porter l’héritage de Solidarité rurale, pour porter la Déclaration du monde rural, qui était placardée sur nos murs et dans nos cœurs, pour qu’elle continue de résonner dans le contexte contemporain. Nous ne serons plus là comme employés. Mais nous continuerons d’y être comme membres, comme bénévoles pour certains d’entre nous. Et nous espérons que vous ferez de même. Parce que la voix de la Coalition est essentielle à la société.

Merci,

L’équipe de Solidarité rurale du Québec

Dans l’ordre habituel :
Rangée du bas : Carole Pratte, Amélie Germain, Christian Thivierge
Rangée du haut : Anne Vadeboncoeur, Caroline Jacob, Cynthia Rivard, Martine Thibeault, Line Lavoie

 

Pour rester en contact avec la Coalition

Comme il n’y aura plus de secrétariat,  il sera important de nous suivre via Facebook et Twitter. 

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AGENDA

6 novembre (C. Bolduc)
Montréal. Participation au 15e anniversaire du Réseau des femmes en environnement

7 novembre (C. Bolduc)
Drummondville  Conférencière à la journée du secrétariat intersyndical des services publics (SISP)

10 novembre (A. Vadeboncoeur)
Trois-Rivières. Participation au Comité loisir rural de l’UQTR

12 novembre (C. Bolduc, C. Thivierge et toute l’équipe)
Québec. Conférence de presse

13 novembre (C. Bolduc, C. Thivierge, C. Jacob)
Conférence téléphonique. Comité exécutif de SRQ

14 novembre (C. Bolduc)
Bécancour. Conférencière au Mémento culturel de la MRC de Bécancour

24 novembre (C. Rivard)
Québec. Panéliste-conférencier lors de la table ronde de la journée sur la ruralité et la santé de l’INSPQ dans le cadre des JASP 2014

24 novembre (C. Bolduc, C. Thivierge, C. Jacob)
Trois-Rivières. Conseil d’administration extraordinaire de SRQ

10 décembre (C. Bolduc, C. Thivierge)
Trois-Rivières. Assemblée générale extraordinaire de SRQ

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